Une nouvelle législature aux multiples défis

jeudi, 28.11.2019

Catherine Lance Pasquier*

Catherine Lance Pasquier

La session d’hiver 2019 du Parlement fédéral marque le début de la nouvelle législature. Dans leur composition renouvelée, les Chambres fédérales devront affronter de nombreux défis. Si les enjeux climatiques ont occupé le devant de la scène ces derniers mois, ils ne doivent pas occulter les autres questions que sont la digitalisation de l’économie, le maintien de la compétitivité fiscale de la Suisse, les coûts de la santé, l’accès aux marchés étrangers ou encore la stabilisation durable de la prévoyance vieillesse. 

La question des retraites, qui agite si fortement la France ces jours, n’est pas résolue en Suisse non plus. Les défis liés au vieillissement démographiques frappent tous les pays européens. L’allongement de l’espérance de vie et le départ à la retraite des personnes nées durant les années à forte natalité provoquent un défi financier majeur. Le rapport entre le nombre de cotisants et de rentiers ne cesse de diminuer. Les dépenses de l’AVS se montent à plus de 44 milliards de francs par an. La situation financière de notre premier pilier devient préoccupante, même avec le financement additionnel apporté par la réforme fiscale acceptée en mai 2019. Sans révision structurelle, il ne sera pas possible de rétablir l’équilibre financier de l’AVS tout en maintenant le niveau des rentes actuelles et futures. Une réforme de la prévoyance professionnelle est également nécessaire pour répondre à l’évolution à la baisse des rendements de l’épargne du 2e pilier et assurer un financement des prestations de retraite sur le long terme. 

Le défi démographique a aussi un impact sur la disponibilité de main-d’œuvre qualifiée. Les autorités et les partenaires sociaux ont pris des mesures pour augmenter la participation de la main-d’œuvre locale sur le marché du travail. Malgré cette mobilisation, la Suisse souffre d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée et reste ainsi tributaire d’une immigration modérée. Dans l’immédiat, les Chambres fédérales devront donc rejeter fermement l’initiative populaire «Pour une immigration modérée (initiative de limitation)». Cette dernière est complètement à contre-courant. Le solde migratoire des ressortissants de l’UE/AELE a fortement diminué et ce texte prend le risque de mettre fin aux accords bilatéraux I. Or, l’accès aux marchés étrangers est vital pour l’économie suisse, fortement tournée vers les exportations. 

Un des enjeux de cette législature sera de clarifier la politique européenne de la Suisse. Depuis de nombreuses années, la population ne traite des relations avec l’Europe que par le biais des initiatives de l’UDC visant à affaiblir l’édifice des accords bilatéraux, en contestant le principe de la libre circulation ou la coopération policière avec l’UE. Il est temps de définir une vision positive et dynamique des relations de la Suisse avec son premier partenaire et principal client. Les modalités concrètes des relations futures avec l’UE restent en grande partie incertaines. L’enjeu de la nouvelle législature sera de consolider la politique européenne de la Suisse et de renforcer et d’étendre les accords bilatéraux. L’accord cadre patiemment négocié, qui permet d’apporter une plus grande sécurité juridique et une meilleure prévisibilité dans les relations entre la Suisse et l’UE, est un élément essentiel pour consolider l’édifice.

* FER






 
 

AGEFI




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