Des babyboomers à la génération Z

lundi, 09.12.2019

Une génération est séparée d’environ 20 à 30 ans, et il est courant de démarrer la classification avec la génération d’après la seconde guerre mondiale.

Patrick Amey*

On parle souvent des «babyboomers», nées après 1945. Active pendant les Trente Glorieuses, durant un temps de la prospérité et du plein emploi, cette génération n’est pas unifiée cependant d’un côté celles et ceux qui aspiraient à la conquête d’une liberté individuelle (mai 68) en remettant en cause les institutions et de la tradition ; de l’autre, celles et ceux issus de la classe moyenne et des milieux populaires, pour qui le travail était un devoir à accomplir. Il s’agit ici de la première génération socialisée avec et par les images (apparition de la télévision, imaginaire du cinéma).

Vient ensuite la génération X, qualifiée aussi de génération désenchantée. Née à la fin des années 60’ et durant les années 70, cette génération est marquée par l’incertitude et le pessimisme, dans un contexte où le plein emploi n’est plus assuré et où les grandes utopies et récits sont contestés (communisme, religion). Certains affirment que la priorité de cette génération portait sur les perspectives de carrière et de réussite sociale dans un contexte de libéralisation à tout va des sociétés occidentales, mais on retrouve aussi le pendant, avec des formes de rebellions («punk attitude»): dans les faits, la génération X a dû s’adapter aux innovations techniques (premiers ordinateurs des années 80) et été confrontée à la fin de l’insouciance des trente-glorieuse (sida, chômage structurel de masse).

Emerge alors la génération Y, dite aussi Millennials, qui renvoie aux personnes nées à la fin des années 1990. Optimistes, en quête de sens, ils sont prêts à remettre en question ce qui les entoure. Leur mode de vie est en accord total avec les apports de la technologie du Net et des réseaux sociaux. Ils sont en quête de sens dans leur travail et aspirent à une vie privée réussie. La génération Y est sûre d’elle, confiante en ses potentialités. Elle entend faire carrière, mais pas à n’importe quel prix. Ces jeunes adultes tendent à «fusionner» travail et loisirs, et acquièrent, pour les plus diplômés, au statut de nomades interconnectés.

Enfin la génération Z, nés dans les années 2000. Ils forment le bataillon actuel des adolescents contemporains. Digitalisés, socialisés dès leur enfance, par le Web 2.0, il s’agit de la génération de l’écran (tablettes, smartphones). Réalistes et pragmatiques, ils aspirent à une séparation nette entre la vie professionnelle et la vie privée, sont de grands utilisateurs des réseaux sociaux numériques, et de grands amateurs de jeux vidéo, entre 12 et 16 ans. Si pendant leur journée d’étude, ils s’engagent dans leur activité, ils ne souhaitent pas à l’avenir forcément assumer des responsabilités de direction.

*Docteur en sociologie et maître d’enseignement et de recherche à l’Université de Genève






 
 

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