Une ex-employée de Credit Suisse plaide coupable dans l'affaire du Mozambique

mardi, 21.05.2019

Une ex-employée de Credit Suisse a plaidé coupable devant la justice américaine dans une vaste affaire de détournement de fonds au Mozambique.

Le gouvernement mozambicain a lancé fin février des poursuites à Londres contre Credit Suisse.(Keystone)

Detelina Subeva, ex-vice-présidente de l'unité globale de financement de la banque a plaidé coupable devant un tribunal new-yorkais des accusations de conspiration à des fins de blanchiment d'argent, a indiqué mardi le Financial Times sur son site internet.

L'ancienne employée de la banque aux deux voiles fait partie des trois ex-salariés de Credit Suisse inculpés par les procureurs américains sur des accusations de détournement d'au moins 200 millions de dollars issus de prêts que la banque avait aidé à obtenir en 2013 pour le gouvernement mozambicain, a poursuivi le journal britannique.

La justice américaine a accusé les trois personnes inculpées d'avoir oeuvré avec l'ex-ministre mozambicain des Finances Manuel Chang et un représentant de la société émirati Privinvest pour détourner de l'argent de ce prêt.

Le Mozambique veut quant à lui obtenir des dommages et intérêts de la part de Credit Suisse pour le dédommager des pertes subies dans le cadre de ce vaste scandale de dette cachée.

Le gouvernement mozambicain a lancé fin février des poursuites à Londres contre Credit Suisse, le groupe de construction navale Privinvest et trois individus, accusés de fraude sur des emprunts s'élevant à 2 milliards de dollars, qui ont gravement fragilisé l'économie du pays.

Le Mozambique est plongé depuis 2016 dans une grave crise provoquée par la découverte de cette dette massive que son gouvernement avait cachée. Ses bailleurs de fonds l'ont sanctionné en gelant leur aide budgétaire.

Entre 2012 et 2014, trois entreprises à capitaux publics liées aux services secrets et au ministère de la Défense mozambicains ont emprunté secrètement auprès de banques étrangères - dont Credit Suisse - quelque 2 milliards de dollars pour acheter du matériel de surveillance maritime et des navires militaires.

Un audit indépendant a découvert qu'un quart des fonds empruntés ont été détournés et n'ont pas été retrouvés. D'après les Etats-Unis, au moins 200 millions de dollars ont été dépensés en pots-de-vin, y compris 12 millions touchés par l'ex-ministre des finances Manuel Chang, qui aurait validé les garanties de dette.

M. Chang a été arrêté l'an dernier à Johannesburg sur une demande d'extradition des Etats-Unis.(awp)






 
 

AGEFI



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