Trop d'intelligence pourrait nuire aux dirigeants dans leur rôle de leader

mardi, 11.04.2017

Une étude menée notamment par la Faculté des HEC de l’Université de Lausanne révèle qu’un dirigeant au QI très élevé pourra être perçu comme moins efficace dans son rôle de leader.

John Antonakis. Une intelligence trop élevée ou trop faible par rapport au niveau optimal peut avoir une influence négative sur la perception de l’efficacité du leader.

L’intelligence générale est une caractéristique essentielle pour faire un bon leader. Dans une étude portant sur la relation entre le QI et la perception de l’efficacité d’un leader par ses équipes, John Antonakis et ses co-auteurs ont découvert que le niveau de QI optimal d’un leader dépendait de l’intelligence moyenne de son équipe. Un QI trop élevé ou trop faible peut s’avérer désastreux pour le leader.

Il a été prouvé que l’intelligence générale est liée à une meilleure capacité à acquérir des compétences, résoudre des problèmes et communiquer des pensées et des idées. Il n’est donc pas étonnant que le QI soit en corrélation avec l’efficacité d’un leader. Et si les personnes intelligentes font de meilleurs leaders, il paraît logique de penser qu’une plus grande intelligence signifierait un meilleur leadership.

Les chercheurs suggèrent qu’il existe un niveau de QI optimal associé à l’efficacité de leadership perçue, soit l’efficacité qu’attribue une équipe à son leader. Selon les chercheurs, pour un leader à la tête d’une équipe affichant un score de QI moyen de 100, le niveau d’intelligence optimal est de 118. Ce score relève d’une intelligence supérieure, mais pas du surdouement.

Une personne dont le QI est supérieur (ou inférieur) au score optimal sera perçue comme moins efficace dans son rôle de leader. On évoque là un véritable problème pour les leaders à l’intelligence très élevée, car devenir (voire se montrer) moins intelligent ne constituera pas une solution réalisable.

Toutefois, le tableau n’est pas entièrement noir. Tout d’abord, il est important de rappeler que l’étude se base principalement sur la perception de l’attitude du leader par les autres, et non sur des indicateurs objectifs de ses performances. Être très intelligent peut se révéler moins problématique si le leader place les tâches à accomplir en tête de ses priorités et accorde peu d’importance aux besoins sociaux et émotionnels de son équipe.

Les résultats des tests d’intelligence ont fortement confirmé l’idée selon laquelle le niveau optimal dépend des circonstances. En effet, une intelligence trop élevée ou trop faible par rapport au niveau optimal peut avoir une influence négative sur la perception de l’efficacité du leader.

On ne peut toutefois pas supposer qu’une grande intelligence nuit systématiquement à l’efficacité avérée du leader. Il faut garder à l’esprit que l’étude se préoccupe de la perception de l’efficacité et non sur des indicateurs objectifs. Si la réussite d’un leader se définit par rapport à des objectifs fortement associés aux tâches, comme c’est souvent le cas au rang de CEO, un QI supérieur au niveau optimal est certes moins avantageux, mais ne porte pas de réels préjudices.

Etude complète ici


 

 
 



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