Une culture de l’entrepreneuriat à développer

jeudi, 15.11.2018

Véronique Kämpfen*

Véronique Kämpfen

Aujourd’hui se clôt la huitième édition de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat. La Fédération des entreprises romandes Genève est fière d’avoir soutenu cet événement depuis sa toute première édition, aux côtés de l’Université de Genève et d’autres partenaires. Cette semaine est importante, parce qu’elle permet aux étudiants de se confronter avec l’envie de développer une idée entrepreneuriale.

Faire ce pas n’est pas simple. Malgré un quotient de sympathie toujours plus élevé envers les start-up, avec notamment de nombreux soutiens politiques en faveur de l’innovation, la Suisse affiche des résultats inférieurs à la moyenne mondial en matière de création d’entreprise, selon le Global Entrepreneurship Monitor. Le pourcentage de personnes en âge de travailler impliquées activement dans la création d’entreprise s’élevait à 8,5% en 2017, soit deux points en-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE. Il faut cependant relever que ce taux n’était que de 5,4% en 2012, la progression est donc nette et relativement rapide.

Du côté des jeunes, même si 44% des Suisses de 18 à 24 ans se disent intéressés à devenir entrepreneurs, seuls 14% pensent disposer des qualités requises. C’est regrettable, d’autant plus que les jeunes Suisses jouissent d’une excellente formation tant académique que professionnelle, ce qui devrait au contraire renforcer leur confiance. En revanche, ils montrent moins de crainte à échouer, ce qui est un signe positif pour le développement d’une activité entrepreneuriale.

Face à ces constats, deux questions se posent: la Suisse introduit-elle trop tard dans le cursus de formation scolaire les incitations ou les formations en lien avec l’entreprenariat? Faudrait-il transmettre l’esprit d’entreprendre et le comportement innovant plus tôt à l’école, dès le primaire? D’autres facteurs jouent aussi un rôle important dans le désir de devenir indépendant: l’attitude de l’entourage proche par rapport à la création d’entreprise et à la prise de risque, ou encore l’existence de mentors ou de personnalités phare pouvant être prises en exemple.   

A ce titre, il est intéressant de noter que l’’image de l’entrepreneuriat évolue. En 2017, il y a eu davantage de personnes, soit 53%, qui considéraient l’entrepreneuriat comme un bon choix de carrière, par rapport à 2016, où ce taux n’était que de 39%. L’amélioration en une année est spectaculaire! La Suisse reste néanmoins à la traîne par rapport aux Pays-Bas où ce taux est de 81% ou au Portugal où il est de 69%. Mais globalement, l’image du chef d’entreprise s’améliore en Suisse, notamment grâce à une attention médiatique plus élevée. Cette image a également une incidence forte sur le choix de carrière.

Cela dit, il existe des explications rationnelles et positives pour le peu d’engouement des Suisses à créer leur start-up. L’une d’entre elles, et non des moindres, est la bonne santé économique du pays. En raison du faible taux de chômage et des salaires élevés, il semble plus lucratif et plus sûr d’exercer une activité salariée. Entre besoin de sécurité et envie d’indépendance, il n’est pas toujours simple de faire des choix. La Semaine de l’entrepreneuriat est un moyen ludique et dynamique de se confronter à ces questionnements.

* FER






 
 

AGEFI



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