Bain de sang à Gaza lors de l'inauguration de l'ambassade américaine

lundi, 14.05.2018

Une cinquantaine de Palestiniens ont été tués en marge de l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem.

Des Palestiniens ont affronté, au péril de leur vie, les tirs des soldats israéliens. (keystone)

L'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, concrétisant une des promesses les plus controversées du président Donald Trump, s'est traduite par un bain de sang lundi dans la bande de Gaza. Une cinquantaine de Palestiniens y ont été tués et 2200 blessés par des tirs israéliens.

Du fait de ce lourd bilan, cette journée de festivités côté israélien et américain constitue la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de 2014 dans la bande de Gaza. 

Ces décès portent à près d'une centaine le nombre de Palestiniens tués depuis le 30 mars et le début d'une "marche du retour". Il n'y a eu aucun mort côté israélien lundi. 

Des milliers de Gazaouis se rassemblent depuis trois semaines le long de la frontière entre la bande de Gaza et Israël pour revendiquer le droit des Palestiniens à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu'ils ont fuies à la création d'Israël en 1948. Ce lundi, c'était plus spécifiquement pour dire toute leur colère contre le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem que ces manifestants ont repris le chemin de la frontière.

"Le monde doit entendre notre message"

Ils ont une nouvelle fois brûlé des pneus. Les plus résolus ont affronté, au péril de leur vie, les tirs des soldats israéliens en allant lancer des pierres et en tentant de forcer la barrière de sécurité lourdement gardée.

"Le monde doit entendre notre message, même s'il doit y avoir beaucoup de martyrs aujourd'hui. C'est le grand jour, nous allons franchir la clôture et prouver à Israël que le monde n'accepte plus cette occupation", a déclaré Ali, un professeur de sciences.
Selon l'armée israélienne, trois des manifestants tués ce lundi voulaient placer des charges explosives sur la clôture de sécurité.

Le gouvernement palestinien établi en Cisjordanie occupée a accusé Israël d'avoir commis un "horrible massacre" à Gaza. L'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a annoncé une grève générale mardi dans les territoires palestiniens pour "honorer les martyrs". 

Tracts israéliens sur Gaza

La mort de dizaines de manifestants depuis un mois et demi a été dénoncée par de nombreux pays à travers le monde. Les Etats-Unis ont rendu responsable le mouvement Hamas, qui dirige depuis plus de dix ans la bande de Gaza.

L'armée israélienne a largué lundi des tracts sur l'enclave palestinienne. Elle a exhorté la population à ne pas se laisser "manipuler" par le Hamas et à ne pas se rendre près de la frontière.

L'armée israélienne a aussi mené un raid aérien contre une structure du Hamas. Tsahal a expliqué avoir visé dans le nord de l'enclave "un camp d'entraînement militaire" du mouvement palestinien. L'armée a ajouté avoir visé également "deux autres positions militaires" du Hamas, affirmant qu'il s'agissait d'une riposte à des tirs d'activistes de la formation palestinienne.

"Nous sommes prêts à répondre aux menaces du Hamas qui veut perturber les célébrations de l'ouverture de l'ambassade des Etats-Unis", avait écrit plus tôt sur Twitter le ministre israélien de la défense Avigdor Lieberman.

Dans l'après-midi, à Jérusalem, l'ambassade des Etats-Unis, qui se trouvait jusqu'ici à Tel Aviv, a été inaugurée. La délégation américaine présente à la cérémonie comprenait notamment le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, la fille du président Donald Trump, Ivanka Trump, et le mari de cette dernière Jared Kushner.

<hl2>"Un grand jour pour Israël"</hl2>Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué "un jour émouvant pour le peuple et l'Etat d'Israël". "Un grand jour pour Israël", a écrit pour sa part sur Twitter le président américain.

Jason Greenblatt, émissaire de Donald Trump au Proche-Orient, a estimé sur Twitter que l'installation de l'ambassade américaine à Jérusalem, "mesure longtemps attendue", était une "condition nécessaire" à l'élaboration d'une "paix durable" dans la région. 

Quant à Donald Trump, il a adressé un message vidéo diffusé lors de l'inauguration, estimant que "les Etats-Unis restent pleinement attachés à faciliter un accord de paix durable".

Le premier ministre palestinien Rami Hamdallah a de son côté condamné "une flagrante violation du droit international". Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale du futur Etat qu'ils espèrent un jour fonder. "Choisir un jour si tragique de l'histoire palestinienne (pour inaugurer l'ambassade des Etats-Unis) révèle un mépris total du processus de paix", a-t-il ajouté. (ats)






 
 

AGEFI



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