Colis piégés: un sympathisant pro Trump inculpé

samedi, 27.10.2018

Un sympathisant pro-Trump aux nombreux antécédents judiciaire a été arrêté dans le cadre de l'affaire des treize colis piégés.

L'affaire des colis piégés a tendu le climat en pleine campagne législative. le directeur du FBI a refusé d'évoquer les possibles motivations du suspect. (Keystone)

Les autorités américaines ont confirmé vendredi avoir arrêté un suspect en Floride dans l'enquête sur les colis suspects visant des personnalités démocrates et hostiles au président. Il s'agit d'un sympathisant pro-Trump aux nombreux antécédents judiciaires.

Le ministre de la Justice, Jeff Sessions, a confirmé que l'homme arrêté quelques heures plus tôt dans la région de Fort Lauderdale, en Floride, se nommait Cesar Sayoc, et qu'il avait été inculpé de cinq chefs d'accusations fédéraux, y compris l'envoi illégal d'explosifs, qui lui font risquer jusqu'à 48 ans de prison.

Il a été identifié grâce à ses empreintes digitales, retrouvées sur au moins un des paquets, a précisé le directeur du FBI Christopher Wray. Treize engins explosifs - composés de bouts de tuyaux en PVC, de fils électriques, de piles et d'un réveil - ont été au total envoyés à travers les Etats-Unis. "Il se pourrait qu'il y ait d'autres paquets", a ajouté M. Wray.

Les autorités n'ont cependant confirmé aucune des informations qui ont émergé ces dernières heures, à savoir que Cesar Sayoc, 56 ans, avait de nombreux antécédents judiciaires, et qu'il avait notamment proféré des menaces d'explosions à la bombe en 2002, qui lui auraient valu un an de liberté surveillée.

Motivations pas évoquées

Alors que cette affaire a tendu le climat en pleine campagne pour les législatives américaines du 6 novembre, le directeur du FBI a également refusé d'évoquer les possibles motivations du suspect. Les autorités ont saisi sa camionnette et les médias américains ont montré des images du véhicule recouvert d'autocollants pro-Trump.

"Il est trop tôt à ce stade pour discuter des motivations dans cette affaire", a déclaré M. Wray. "Nous nous préoccupons de tous les gens qui commettent des actes de violence, quelles que soient leurs motivations".

Le président Donald Trump avait lui aussi refusé d'évoquer toute motivation politique, annonçant cette arrestation un peu plus tôt en ouverture d'une réception à la Maison Blanche retransmise à la télévision. Il avait simplement salué "le travail incroyable" de la police fédérale (FBI) et dénoncé des "actes de terreur ignobles".

"Nous ne pouvons laisser la violence politique prendre racine en Amérique", avait-il ajouté. "Les Américains doivent s'unir et montrer au monde que nous sommes unis, dans la paix, l'amour et l'harmonie".

S'il se confirme que le suspect était un partisan de Donald Trump, cela risquerait d'attiser encore davantage des tensions déjà très vives à l'approche des élection de mi-mandat, déterminantes pour la suite de la présidence du milliardaire.

Deux nouveaux paquets

L'arrestation est survenue vendredi juste après la confirmation par la police de l'interception de deux colis suspects supplémentaires en tous points similaires aux dix déjà retrouvés entre lundi et jeudi, contenant des engins qualifiés de potentiellement explosifs.

Les paquets portaient notamment tous la même adresse d'expédition: celle d'une élue démocrate de Floride, Debbie Wasserman Schultz, dont la circonscription inclut le lieu de résidence du suspect.

L'un a été retrouvé en Floride, destiné au sénateur démocrate Cory Booker, l'autre a été intercepté dans un bureau de poste de Manhattan, adressé à CNN à l'attention de l'ex-directeur des renseignements James Clapper.

MM. Clapper et Booker, cité comme un candidat possible à la présidentielle américaine de 2020, sont tous deux très critiques du président américain.

Ils s'ajoutaient à une liste de personnalités sur laquelle figuraient déjà le financier George Soros, l'ex-président Barack Obama, son ex-vice président Joe Biden, l'ex-secrétaire d'Etat et rivale malheureuse de Donald Trump à la présidentielle de 2016 Hillary Clinton, l'acteur Robert De Niro, l'ex-ministre de la justice de Barack Obama Eric Holder et les élues démocrates californiennes Maxine Waters et Kamala Harris.

Mauvais pour la dynamique

Si lors de son allocution vendredi M. Trump a appelé à l'unité, il n'a cessé depuis mercredi de souffler le chaud et le froid sur cette histoire.

Après l'annonce des deux nouveaux paquets du jour, il a d'abord déploré que toute cette histoire puisse nuire à ses candidats à 11 jours des législatives. Après un premier appel au rassemblement mercredi, il avait repris ses attaques jeudi contre les médias, qu'il accuse régulièrement de vouloir saper sa présidence.

De nombreux responsables démocrates l'ont accusé au contraire de "cautionner la violence" et d'attiser les divisions. "Je pense que le président n'a toujours pas mesuré l'importance de la présidence et l'importance de son poste", a affirmé vendredi sur CNN le gouverneur de New York Andrew Cuomo.

L'acteur Robert De Niro, qui avait insulté Donald Trump lors de la cérémonie des récompenses de Broadway en juin, a appelé les anti-Trump à se mobiliser pour les législatives.

"Il y a quelque chose de plus puissant que les bombes, c'est votre bulletin de vote. Les gens DOIVENT voter", a-t-il indiqué vendredi dans un communiqué. (ats)






 
 

AGEFI



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