Un double oui pour une meilleure conciliation entre travail et famille

jeudi, 27.08.2020

Claudine Amstein *

Claudine Amstein

Deux objets soumis au vote le 27 septembre prochain permettraient aux parents d'envisager un partage des tâches plus équitable: le congé-paternité de deux semaines et l'augmentation des déductions fiscales pour enfants. La promotion professionnelle des femmes s'en trouverait renforcée.

 

Concilier vie privée et vie professionnelle confine souvent à la quadrature du cercle pour les parents. Les citoyens suisses disposent de deux opportunités d'améliorer cette situation dans les urnes le 27 septembre prochain: l'octroi d'un congé-paternité de deux semaines, financé par les allocations pour perte de gain, ainsi que l'augmentation des déductions pour enfants dans le cadre de l’impôt fédéral direct. Ces deux thèmes complètent le copieux menu de ce «Super Sunday», qui compte pas moins de cinq objets.

La Suisse est le dernier pays d'Europe à ne pas proposer de congé-paternité, même si certaines entreprises n'ont pas attendu cette votation pour offrir cette possibilité à leurs collaborateurs. Fruit d'un consensus – le projet initial prévoyait un congé de quatre semaines -, cette proposition nous paraît raisonnable et, surtout, supportable financièrement pour les entreprises.

La société a évolué ces dernières décennies et aujourd'hui, toujours plus de pères de famille souhaitent s'investir davantage dans la parentalité. Ces dix jours déchargeraient quelque peu les mères de famille. La mise en place de ce congé occasionnerait certes des soucis organisationnels aux plus petites entreprises, mais comme il pourra être pris dans les six mois sous forme de semaines ou de journées, la situation devrait être gérable.

L'augmentation des déductions pour frais de garde contribuerait, elle aussi, à une meilleure conciliation entre travail et famille. Ce projet permettrait d’adapter la déduction fiscale aux dépenses réelles engendrées par la garde des enfants par des tiers et, surtout, de favoriser la présence de femmes qualifiées sur le marché du travail. Ces dernières sont trop souvent obligées de réduire leur taux d’occupation ou d’arrêter de travailler pour des questions d'imposition. Cet instrument constituerait indéniablement un plus pour les entreprises en manque de certaines compétences. La déduction fiscale maximale possible pour les frais de garde par des tiers passerait de 10.100 à 25.000 francs.

Une meilleure implication des deux parents dans l'éducation des enfants dépend également d'autres éléments. Pour améliorer encore les choses dans ce domaine, il faudrait agir sur la flexibilité des horaires de travail, disposer d'horaires scolaires harmonisés et, surtout, faciliter l'accès à des structures d'accueil pré- et parascolaires. La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie et ses entreprises membres ont d'ailleurs soutenu, dès sa création, la Fondation d’accueil de jour de la petite enfance en participant au financement des places d’accueil. C'est par le cumul de ces différentes mesures qu'un partage des tâches plus équitable au sein des couples pourra se concrétiser.

Comme c'est le cas pour l'acquisition des avions de chasse et la libre circulation des personnes, le Covid-19 s'est invité dans le débat sur le congé-paternité. Certaines voix, pourtant acquises à ce projet, s'élèvent pour affirmer que la situation économique actuelle ne permet pas de financer une nouvelle assurance sociale. A mes yeux, il s'agit d'une vision à court terme. La pandémie de coronavirus ne saurait justifier que l'on renonce à des avancées sociétales qui faciliteront la promotion de talents sur le marché du travail.

Un double oui s'impose clairement le 27 septembre, pour une meilleure conciliation entre travail et famille.

* Directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie






 
 

AGEFI



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