Un appui toujours plus marqué à l’accord-cadre

jeudi, 04.04.2019

Un appui toujours plus marqué à l’accord-cadre

Claudine Amstein*

Claudine Amstein

Près de 60% de la population suisse soutient l’accord institutionnel avec l’Union européenne (UE). Des deux côtés de la Sarine, une majorité de citoyens voit un lien évident entre des relations stables avec Bruxelles et la prospérité de notre pays. 

Pour la première fois depuis 2015, une majorité de Suisses (59%) estime que les accords bilatéraux entre la Suisse et l’UE apportent plutôt des avantages à notre pays. C’est l’un des éléments réjouissants que recèle le sondage réalisé par l’Institut gfs.bern auprès de 2000 citoyens, sur mandat de l’Association des entreprises pharmaceutiques suisses pratiquant la recherche, Interpharma. Accueilli pour le moins fraîchement lors de sa publication en décembre dernier, l’accord-cadre, qui doit permettre à notre pays de poursuivre et de développer la voie bilatérale avec Bruxelles, connaît ainsi un renouveau printanier. La plupart des partis se déclarent aujourd’hui favorables à sa conclusion, même si certains d’entre eux demandent des précisions sur certains points. Désormais, le soutien est également populaire. 

Méfiants à l’égard de Bruxelles, voire parfois un brin eurosceptiques, les citoyens de notre pays semblent prendre conscience de l’importance de nos relations avec l’UE au moment où notre économie ralentit et où l’immigration baisse. Ces signaux les persuadent probablement de la pertinence des mesures à prendre en faveur de l’économie. De même, le pataquès démocratique que vit la Grande Bretagne avec son Brexit peut avoir agi comme un révélateur: la population est en train de comprendre qu’il n’est pas si simple de négocier avec un si puissant voisin. Et que, tout compte fait, entretenir de bonnes relations avec un partenaire vers lequel partent 53% de nos exportations est une bonne option.

Les divers éléments du sondage accréditent ces diverses thèses. Selon l’institut bernois, «les raisons qui poussent les électeurs à se prononcer pour ou contre ce texte reposent sur une analyse économique de la situation». Ainsi, 79% des sondés sont d’avis que ces accords permettent aux entreprises suisses d’accéder au marché de l’UE alors que les deux tiers (66%) affirment que les bilatérales contribuent à la prospérité de notre pays. Et, fait réjouissant, le soutien à l’accord institutionnel est majoritaire des deux côtés de la Sarine (69% en Suisse romande et 58% en Suisse alémanique). 

C’est de bon augure. Mais ainsi que le souligne René Buholzer, directeur d’Interpharma, «un travail de conviction permanent est nécessaire pour souligner l’importance de relations stables avec notre principal partenaire économique». Car l’opinion publique est capricieuse, et le moindre soubresaut conjoncturel peut engendrer de néfastes réflexes de repli. C’est pourquoi il est indispensable de marteler qu’un accord institutionnel vaut bien mieux que pas d’accord du tout. Un rejet aurait de lourdes conséquences pour notre pays: pas de nouveaux accords donnant accès au marché intérieur européen, pas de modifications de traités existants, pas de reconnaissance d’équivalence boursière (dès juillet prochain) ou encore rétrogradation de la Suisse dans le programme-cadre de recherche. Sans oublier l’absence d’un accord sur l’électricité avec les 27. 

Le vent est en train de tourner dans nos rapports avec l’UE. Le travail d’explication de ces enjeux doit toutefois se poursuivre. Sans relâche.

* Directrice, Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie






 
 

AGEFI




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