Uber fait un pas en direction des chauffeurs romands

vendredi, 12.04.2019

L'entité romande d'Uber a dévoilé ce vendredi des changements dans son modèle de tarification pour répondre aux revendications de ses chauffeurs.

Uber compte quelque 1000 à 1500 chauffeurs à Genève et Lausanne. (Keystone)

Au moment où la maison mère américaine annonçait son entrée en Bourse, l'entité romande de la plateforme de réservation de voitures avec chauffeur Uber dévoilait vendredi des changements dans son modèle de tarification. Elle entend répondre à des revendications récurrentes parmi ses quelque 1000 à 1500 chauffeurs à Genève et Lausanne.

"Au cours d'échanges avec plus de 200 chauffeurs, nous avons pu identifier des points de friction, qui déboucheront sur des actions concrètes dès lundi", a déclaré à Carouge le directeur d'Uber Romandie Alexandre Molla. "Les chauffeurs sont nos premiers clients", a-t-il ajouté, reconnaissant que certains d'entre eux se sentaient parfois "pas assez considérés".

Parmi les mesures figure l'augmentation du prix minimum d'une course, fixé jusqu'à présent à 6 francs. Il passe à 8 francs en centre-ville et à 12 francs en banlieue (où la durée d'approche du chauffeur est plus longue).

Uber veut aussi davantage prendre en compte le temps, souvent important, perdu dans les bouchons, à Genève en particulier. La nouvelle tarification accorde désormais une pondération un peu plus forte à la durée de la course par rapport au kilométrage. Au final, il peut en résulter une légère hausse du prix, mais pas systématiquement. "Rouler le soir (quand les routes sont dégagées) pourra coûter moins cher", a dit M. Molla.

Uber met aussi en place un comité d'appel auquel les chauffeurs peuvent recourir quand ils s'estiment lésés, par exemple lors d'un conflit avec un passager. Il pouvait arriver qu'Uber désactive le compte des chauffeurs mis en cause, sans que ceux-ci puissent faire valoir leur version des faits. Ils le pourront désormais via ce comité d'appel, composé de chauffeurs expérimentés.

Pour les passagers, Uber introduit un tarif précis. L'usager connaîtra à l'avance le prix exact de la course, avant de la valider. Fini les fourchettes de prix.

En 2018, Uber comptait quelque 300'000 utilisateurs réguliers de sa plateforme en Suisse. L'entreprise y est présente à Genève, Lausanne, Zurich et Bâle.

Contexte très animé

Ces annonces surviennent dans un contexte dynamique et tendu. Le groupe a subi l'an dernier une perte d'exploitation de 1,8 milliard de dollars (quasiment autant en francs), pour un chiffre d'affaires de 11,3 milliards (+42%).

Uber vient de donner le coup d'envoi à son entrée à la Bourse de Wall Street, qui sera l'une des plus importantes opérations du genre de l'histoire (environ 100 milliards de dollars).

L'entreprise se retrouve par ailleurs sous pression juridique dans de nombreux pays. En Suisse, la concurrence se renforce. La plateforme Kapten, anciennement Chauffeur Privé, a lancé ses activités il y a deux mois à Genève.

A la Bourse, le grand rival Lyft a doublé Uber en se faisant coter il y a quinze jours. Lyft est présent aux Etats-Unis et au Canada, quand Uber est actif dans 65 pays. (awp)






 
 

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