Trois initiatives qui menacent le succès de la Suisse

mardi, 25.08.2020

Stéphanie Ruegsegger*

Stéphanie Ruegsegger

La crise de la Covid-19 l’a montré: le système suisse fonctionne et est capable de résister à un séisme tel que celui que nous avons vécu ces derniers mois. La tempête n’est certes pas entièrement derrière nous, des entreprises et des citoyens sont encore en difficulté, mais la Suisse a prouvé sa capacité à réagir et à rebondir. 

Cela n’est pas dû au hasard. Petit territoire sans grand marché intérieur et sans ressources naturelles, notre pays a mis en place des conditions cadre attractives qui lui permettent d’offrir un niveau de vie parmi les plus élevés au monde, avec un chômage bas et des salaires élevés. 

Parmi elles: l’ouverture sur l’extérieur, une vision libérale et responsable de l’économie ainsi qu’une fiscalité adaptée, aussi légère que possible pour inciter les entreprises à rester sur son territoire et aussi élevée que nécessaire pour financer les prestations à la collectivité. Ces conditions-cadres, qui contribuent au bien-être de la population, sont remises en question par trois objets soumis à votation le 27 septembre prochain.

L’initiative dite de limitation entend mettre fin aux accords bilatéraux, qui ont pourtant largement contribué à la prospérité et au succès de la Suisse depuis bientôt vingt ans. Grâce à cette voie, empruntée après l’échec de l’Espace économique européen, elle a pu sortir de la période de disette dans laquelle l’avait plongée ce refus, renouer avec la croissance et résister mieux que d’autres pays aux différentes secousses économiques, notamment en 2008. Les partisans de l’initiative demandent de résilier ces accords, sans proposer d’alternative crédible. Et pour cause, puisqu’il n’y en a pas.

Au niveau genevois, deux textes soumis à votation entendent rompre avec la politique cantonale, pour emprunter des recettes plus familières à la France qu’à la Suisse. En instaurant un salaire minimum unique étatique à plus de 23 francs de l’heure, l’initiative 173 balaie d’un revers de la main la longue tradition de dialogue social qui a permis au canton de Genève d’offrir des conditions de travail particulièrement attractives, en lien avec la réalité économique des divers secteurs. 

Non seulement ce texte menace des entreprises à faible valeur ajoutée et les emplois qui leur sont liés, mais le salaire qu’il propose pourrait de plus devenir une référence générale qui tirerait les salaires vers le bas, comme le montre l’exemple français.

Le deuxième texte est l’initiative 172, dite «zéro pertes», qui annulerait la récente réforme fiscale des entreprises, pourtant largement soutenue en votation à Genève. 

En postulant que la réforme ne doit entraîner aucune baisse de recettes et en prônant une accentuation de la progressivité de l’impôt (déjà très forte à Genève), ce texte augmente la pression fiscale non seulement sur les entreprises mais aussi sur les citoyens.

Ces trois initiatives vont à l’encontre des principes et des conditions-cadres qui contribuent au succès de la Suisse et qui assurent un niveau de vie envié à ses habitants. Elles doivent être balayées sans ménagement.

* Directrice politique générale, FER Genève






 
 

AGEFI



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