Le retour des actions émergentes

mardi, 01.10.2019

Très faibles valorisations et perspectives positives représentent un point d’entrée attrayant.

Aneeka Gupta*

Les actions des marchés émergents (ME) se négocient à leur plus bas depuis 2000 en comparaison avec les actions américaines du secteur de la technologie. On peut donc se demander si elles n’ont pas atteint un point de retournement. En effet, la dernière fois qu’elles avaient touché un niveau aussi bas, elles ont ensuite entamé une période de forte reprise qui a duré pendant huit ans. Au fil du temps, la composition sectorielle des indices émergents a évolué, accordant une place toujours plus importante aux valeurs financières et technologiques aux dépens de celles des secteurs des matériaux et des matières premières.

Des bénéfices en progression

L’évolution des ME est fortement influencée par les interactions au sein de la «troïka» formée par Donald Trump, la Chine et la Fed. Au 1er trimestre 2019, ces marchés ont bénéficié de la décision de la Fed d’assouplir sa politique monétaire ainsi que du fait que la mise en place des tarifs douaniers était repoussée au 31 mars. Depuis, ils ont évolué en dents de scie, pâtissant de la reprise de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ainsi que des risques spécifiques liés aux problèmes que connaissaient l’Argentine et la Turquie.
Les entreprises des marchés émergents ont malgré tout affiché des résultats encourageants au 2e trimestre: 43% de la capitalisation boursière de l’indice MSCI marchés émergents a réalisé des bénéfices supérieurs au consensus contre 28% des résultats inférieurs. Il s’agit d’un net progrès par rapport au trimestre précédent et, il paraît intéressant de souligner qu’il peut être attribué pour l’essentiel au secteur des technologies de l’information, avec la Corée et Taïwan en tête.

 

De bonnes perspectives pour les locomotives

Selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international, la croissance des ME devrait se situer à 4,1% en 2019, puis progresser à 4,7% en 2020. En revanche, les marchés développés devraient encore subir un ralentissement de leur croissance, cette dernière reculant de 1,9% cette année à 1,7% en 2020. L’essentiel de la croissance mondiale, qui devrait passer de 3,2% cette année à 3,5% l’an prochain, pourrait provenir des ME. Leur résistance sur le plan de la croissance s’explique pour l’essentiel par la politique chinoise de relance.
Les valorisations actuelles des actions émergentes reflètent le niveau élevé d’incertitude des investisseurs. Leur faiblesse pourrait être considérée comme une bonne occasion pour revenir sur ces marchés, car ils bénéficient de résultats positifs, de perspectives de croissance favorables et ils devraient pouvoir profiter de la récente désescalade des tensions entre les États-Unis et la Chine.

* Directrice associée, Recherche, Wisdom Tree






 
 

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