Inconnu, invisible, imprévisible

vendredi, 27.09.2019

Toutes les entreprises jouissant d’une position dominante dans leurs jardins d’excellence respectifs, tôt ou tard se feront dépasser.

Pécub

Pourquoi ? La physique déterministe des structures entrepreneuriales classiques pousse à la flemme, au moindre effort, à la prise de risque zéro. Donc à choisir ses managers parmi les cohortes instrumentées des Grandes Ecoles Prestigieuses, aux programmes déterministes et prestigieux. Ce qu’il y a de mieux, histoire de ne pas se tromper. On oublie la mystérieuse constante « h » de Planck. Tapez Planck sur Google. L’inter-perturbation de l’observateur et de l’observé. La logique qui commande à la physique mathématique scolaire des conseils d’administration conventionnels méprise l’éventuelle imagination des « ignorants ». Les lettrés de l’époque, qu’on se le rappelle, jugeaient Léonard de Vinci insignifiant, sans intérêt, à mettre ses carnets à la poubelle. L’antagonisme du petit et du grand. Du riche pouvoir et de la misère du démuni. Les phénomènes macroscopiques sont-ils les mêmes que les phénomènes microscopiques ? Dans le vacarme économique actuel, une constante évidence, les relations humaines se complexifient dans le macroscopique, la cohésion devient plus faible. Et les relations humaines se solidifient dans le microscopique, on serre les rangs pour tenir au chaud l’espoir de survie.

Bien en sécurité derrière sa grande muraille financière et juridique, la grande entreprise ne se fatigue pas à évaluer un éventuel danger. Le Prince doit pourtant bien s’occuper de ses sujets s’il ne veut pas d’une révolte, d’une trahison, ou d’un coup de poignard dans le dos. Alain Minc, dans une dernière interview va jusqu’à conseiller aux entreprises d’offrir gratuitement à ses collaborateurs 10% du capital-actions. Il faut bien avouer, que les idées d’avance de l’économiste philosophe se sont toutes avérées. Cro-Magnon chasse le mammouth, il le fatigue, l’affaiblit, le tue et puis le mange. Du mammouth ne restent que les os, des os qui serviront à fabriquer des outils et des armes pour la chasse à d’autres mammouths encore plus gras, encore plus savoureux. Les conseils d’administration habiles réservent toujours un siège pour une voyante ou un poète.

Que dire de la multinationale qui prévoit son équilibre carbone pour 2050 et de celle qui jette sans âme vingt mille travailleurs à la rue ? Les entendements dits rationnels peuvent-ils ignorer les réalités humaines et naturelles ? Inconnu, invisible, imprévisible, le danger létal est présent à chaque coin de couloir du siège institutionnel. Greta est petite pour l’instant, sa posture rassemble. Elle devient jour après jour, la perturbante constante « h » de Planck qui au Momentum historique fera basculer le monde. Cela n’a rien d’inquiétant, certaines intelligences sauront s’adapter. Les autres seront très vite oubliées. Lao Tseu, Léonard de Vinci, Nicolas Machiavel, à chacun des trois son rat. Sagesse, inventivité, gestion de projet, il y a un trou de souris insignifiant au pied de l’inviolable muraille. La théorie rationnelle, académique, physique, mathématique, logique, classique, ne fait pas dans la probabilité d’un rat.

Dans le laboratoire coûteux et sophistiqué de l’entreprise mythique, c’est le rat qui étudie l’humain, nourri, logé, sans rien payer. A la moindre inattention de l’opérateur, le rat prendra la citadelle.






 
 

AGEFI




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