Le gouvernement grec satisfait après l'accord conclu avec les créanciers

vendredi, 16.06.2017

Toutefois, selon les analystes, le compromis trouvé renvoie la balle aux Grecs, qui devront livrer de nouveaux efforts pour sortir de la crise.

Toutefois, selon les analystes, le compromis trouvé renvoie la balle aux Grecs, qui devront livrer de nouveaux efforts pour sortir de la crise.

Le gouvernement grec affichait vendredi sa satisfaction après l'accord conclu avec les créanciers, mais pour les analystes, le compromis trouvé renvoie la balle aux Grecs, qui devront livrer de nouveaux efforts pour sortir de la crise.

La relance par l'Eurogroupe du plan de redressement constitue un "pas déterminant" pour relancer l'économie, s'est félicité vendredi le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, informant le chef de l'État de l'issue de la réunion des ministres des Finances de la zone euro.

Les créanciers, UE et FMI, ont envoyé "aux marchés un clair signal de confiance", s'est-il prévalu. Le message était aussi martelé vendredi par son état-major.
Cette lecture était nuancée par les analystes, alors que M. Tsipras a bataillé pendant des mois pour arracher la garantie d'un allègement de la dette grecque, consentant pour ce faire à un énième durcissement, jusqu'en 2022, de la purge budgétaire infligée au pays depuis 2010.

Au vu du désaccord entre le FMI et Berlin sur cette question, le sauvetage financier grec s'était enlisé depuis des mois, une impasse dont l'Eurogroupe s'est extrait à Luxembourg en convenant notamment de débloquer une tranche des prêts de 8,5 milliards d'euros au pays surendetté.

Mais Athènes n'a décroché que quelques "précisions" sur le dossier de la dette (180% du PIB), dont le règlement n'est pas prévu avant 2018. A quelques mois des législatives allemandes, Berlin excluait l'engagement supplémentaire réclamé par le FMI.

Partie nulle mais 'gérable' 

Le "danger d'un Grexit a encore été réduit" mais "M. Tsipras n'a rien gagné", "la balle est revenue dans le camp grec", à charge pour le pays de s'extraire du marasme, estime pour l'AFP le directeur du think tank Iove du patronat grec, Nikos Vettas.
Il juge toutefois la situation "politiquement gérable" pour M. Tsipras du fait de "l'immense lassitude" des Grecs et de l'absence d'alternative politique discernable.
A la question revenant en boucle sur les médias grecs vendredi du "verre à moitié plein ou à moitié vide", Panayotis Petrakis, professeur d'économie à l'Université d'Athènes apporte aussi une réponse balancée.

"L'accord est positif et permet d'aller de l'avenir", affirme-t-il. Avant d'ironiser sur "l'avenir miraculeux" dessiné selon lui à la Grèce par la décision de l'Eurogroupe, qui fixe des objectifs budgétaires élevés au pays jusqu'en ... 2060.
"Il y aura beaucoup de choses à faire" pour tenir ces engagements, alors que "beaucoup de questions ont été laissées en suspens", sur la dette et la trajectoire de croissance du pays, ajoute-t-il.

Au titre des avancées, M. Petrakis cite l'adoption par la zone euro du plan français liant un éventuel allègement sur la dette aux performances de croissance, ainsi que le déblocage d'une tranche de prêts plus importante que prévu.

De quoi, selon lui, permettre de réinjecter des liquidités dans l'économie, une fois remboursés les quelques 7 milliards de créances dues en juillet, et compenser le renvoi à plus tard des perspectives d'inclusion de la Grèce dans le programme d'assouplissement qualitatif (QE) de la Banque centrale européenne.

'Leçons de vol à un cochon' 

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a de fait éloigné cette perspective en réitérant à l'issue de l'Eurogroupe qu'en l'état, la dette grecque n'était pas viable.
Pour M. Vettas toutefois, la porte a été entrouverte pour une telle percée, dont M. Tsipras a longtemps fait une priorité pour amadouer marchés et investisseurs, "après l'été".

La BCE a de fait salué dans la nuit une "première étape en vue d'assurer la soutenabilité de la dette".

En matière de sortie de crise, l'accord équivaut "à offrir à un cochon des leçons de vol", tranche pour sa part dans une analyse mise en ligne vendredi par Yanis Varoufakis, l'ex-ministre des Finances de M. Tsipras.

Il dénonce aussi un "surcroît d'austérité qui va enfoncer encore plus les Grecs dans le désespoir", alors que le redressement administré jusque là au pays l'a privé du quart de son PIB et fait exploser chômage et pauvreté.

M. Varoufakis avait démissionné en juillet 2015 en contestant la rentrée du pays dans le rang de l'orthodoxie budgétaire à la mode allemande.(awp)


 

 
 

 
 

Agrandir page UNE

agefi_1970-01-01_jeu_01


...