Tourisme: où partir en voyage cet été?

mercredi, 15.07.2020

Marie Owens Thomsen*

Le tourisme a baissé de 44% sur la période de janvier à avril 2020 en raison du confinement de ce printemps, selon l’Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies. Quelque 180 millions de personnes ont en effet dû renoncer à leurs voyages prévus. Par région, les destinations en Asie et dans le Pacifique ont subi la contraction la plus importante (-51%), suivies de l’Union européenne (-44%), du Moyen-Orient (-40%), des Amériques (-36%) et de l’Afrique (-35%).

En 2018, les voyageurs européens étaient majoritairement originaires d’Allemagne, de France puis d’Espagne. Ces trois pays représentent à eux seuls 56,8% de tous les touristes européens. En règle générale toutefois, ces derniers préfèrent voyager dans leur propre pays (70%). Les Suisses effectuent pour leur part 70% de leurs voyages à l’étranger, principalement dans d’autres pays européens (35%). À noter à ce titre que les Européens ne se déplacent généralement pas pour plus d’une semaine (82,5%), et qu’ils réalisent 90% de leurs déplacements pour le compte du travail.

Ainsi, on peut imaginer que la plupart des Européens se contenteront volontiers de voyager dans leur pays cet été, tandis que les Suisses se sentiront davantage frustrés à cette idée. Rester en Suisse cet été pourrait toutefois permettre de joindre l’utile à l’agréable. La Fédération suisse du tourisme révèle en effet qu’en 2018, le secteur rapportait 18,7 milliards de francs à l’économie, dont 16,6 milliards provenaient des visiteurs étrangers. Si ces derniers sont importants pour l’économie helvétique, c’est sans compter sur le potentiel des Suisses eux-mêmes qui, en 2018, dépensaient 17,9 milliards durant leurs déplacements à l’étranger. Conserver au moins une partie de cette manne en Suisse pourrait constituer un enjeu majeur pour le secteur du tourisme cette année.

Un classement international

Il s’avère cependant que les touristes Suisses ne choisissent pas les mêmes destinations que les touristes étrangers. Les statistiques montrent en effet que les visiteurs étrangers privilégient les villes alors que les Suisses préfèrent aller dans les Alpes pour y pratiquer de la randonnée. Les cantons qui reçoivent le plus de visiteurs, suisses ou étrangers, sont tout d’abord Zurich puis Berne, les Grisons, le Valais et Genève en cinquième place. Un classement international des villes les plus visitées établi par Mastercard en 2018, positionnait la ville de Genève en 78e position, après Beyrouth (77e) et Zurich (50e). Les atouts de Genève, canton et ville, seraient-ils insuffisamment mis en valeur, ou tout simplement méconnus à l’étranger?

Le marketing des villes est une tendance croissante qui peut promouvoir non seulement le tourisme mais également le développement économique au sens large. Parmi les exemples souvent cités comme des succès on trouve Lyon en France, et Portland dans l’Oregon, deux villes aux populations similaires à celle de Genève. L’organisation en faveur du tourisme à Portland dit notamment œuvrer pour le bien-être de tous les résidents, travailler avec de multiples partenaires dans la ville ou encore contribuer à réaliser des projets favorisant la mobilité. L’idée de promouvoir sa ville n’est pas une question superficielle. La ville doit pouvoir mettre en avant une vision et une identité, au-delà de ses sites touristiques. Genève, ville internationale, est aussi une terre d’accueil pour 40% de sa population originaire de l’étranger, soit près de deux fois la moyenne du pays. Voilà des atouts intéressants qui gagneraient à être connus dans cette période de pandémie et de crise économique. 

* Global Head of Economic and Investment Research, Indosuez Wealth Management






 
 

AGEFI



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