Brexit: le temps presse pour Theresa May

mardi, 17.07.2018

Theresa May a publié le document le plus controversé de son mandat. Comment l’UE réagira-t-elle? Il ne reste plus beaucoup de temps pour arriver à un accord de sortie.

Julien Staehli*

Jeudi passé, malgré la démission de deux ministres du cabinet pro-Brexit et une rébellion grandissante au sein de son propre parti, Theresa May a publié le document le plus controversé de son mandat de deux ans, promettant de faire passer son plan pour garder le Royaume-Uni étroitement lié au marché unique de l’Union européenne après le Brexit. L’article de 98 pages expose en détail le partenariat commercial que le Royaume-Uni voudrait maintenir avec l’UE.

Quid de l’Irlande?

Pourtant, le test critique est encore à venir: comment l’UE réagira-t-elle? Il ne reste plus beaucoup de temps pour parvenir à un accord de sortie avant la date limite en octobre. La proposition de May ne dit rien de nouveau concernant les éventuels contrôles douaniers à la frontière avec l’Irlande. L’UE n’a pas rejeté immédiatement le plan de May.

De plus, elle fait face à une réaction croissante des eurosceptiques dans son parti des Conservateurs alimentée par les démissions du secrétaire aux Affaires étrangères, Boris Johnson, et du secrétaire du Brexit, David Davis, en protestation contre son plan.

Le président des Etats-Unis Donald Trump n’a pas manqué de s’en mêler. Quelques heures avant son atterrissage au Royaume-Uni, il a lancé une attaque verbale à son hôte, disant qu’elle ne donnait pas aux électeurs l’accord Brexit qu’ils souhaitent. 

Ces nouvelles ne sont pas en faveur de la livre sterling dont la chute, déjà pénalisée par la force du dollar sur l’ensemble des marchés des changes, s’est encore aggravée. Actuellement, la livre s’échange près de son niveau le plus faible depuis novembre de l’année passée. 

La saison des résultats

Les investisseurs ressentiront un certain soulagement à l’approche de la saison des résultats, ce qui permettra de détourner l’attention des relations commerciales. Le conflit a paru se détendre quelque peu car Pékin semble modérer ses réponses aux menaces tarifaires de Trump dans un contexte de ralentissement de l’économie, de baisse du marché boursier et d’affaiblissement de la monnaie.

Recommandations

EFGN (ISIN: CH0022268228, prix: CHF 7.32)

La reprise par EFG de la banque privée tessinoise BSI entre dans sa dernière phase après un an et demi de difficultés et de rebondissements. 

Les sorties d’argent enregistrées depuis l’annonce de la reprise dépassent les CHF 13 milliards et 2018 devrait être la dernière année affichant des retraits estimés à environ CHF 2 milliards. 

Par-delà cette échéance, le groupe EFG se retrouvera dans une situation normalisée. Dès 2019, le flux de nouvelles devrait tourner positif: avec des entrées d’argent frais et un ratio coûts/revenus inférieur à 70% (ce qui est tout à fait honorable en regard de la concurrence). 

L’élément le plus intéressant est sans doute l’excellent ratio actifs sous gestion/capitalisation boursière qui s’inscrit à un niveau deux fois supérieur à la moyenne de ses pairs.

Avec des synergies de près de 240 millions de francs attendues dès 2019 avec la BSI, un système informatique flambant neuf et performant et un ratio de fonds propre supérieur à 18%, EFG figure parmi les financières pouvant réellement créer la surprise au niveau de sa performance boursière.

Morgan Stanley China A Share Fund (ISIN: US6174681030, prix: USD 22.73)

Les actions chinoises ont enregistré une forte correction depuis le début de l’année. Elles ont été impactées par les mesures prises par les autorités pour réduire le levier d’endettement et leur effet sur la liquidité, par les craintes de ralentissement économique ainsi que par le conflit commercial avec les Etats-Unis. Leur évaluation est devenue attractive. 

Le Morgan Stanley A Share est un fonds de placement fermé qui a pour univers les actions classe A des sociétés chinoises listées sur les marchés domestiques de Shanghai et Shenzhen. Le processus d’investissement combine une analyse de type macroéconomique avec une approche fondamentale des sociétés, basée notamment sur leurs perspectives de croissance et leur évaluation boursière. 

La performance historique est impressionnante par rapport à celle de l’indice MSCI China A Onshore. Ainsi sur cinq ans, elle est proche de 18% (annualisés) contre 7% pour l’indice. En outre, le cours boursier offre actuellement une décote de 16% par rapport à la valeur d’inventaire. 

C’est un véhicule d’investissement intéressant en vue d’un rebond du marché chinois.

*Gérant discrétionnaire de la Banque Bonhôte & Cie SA






 
 

AGEFI




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