Taxes sur le CO2: se préoccuper de la justice sociale

dimanche, 22.09.2019

Jacques Neirynck *

Jacques Neirynck

Les taxes sur le CO2 ont l’effet pervers de pénaliser ceux qui en produisent le moins. Il en est de même des droits à polluer qu’un pays riche peut acheter sur une bourse internationale.


La loi suisse sur le CO2 en discussion repose essentiellement sur l’instauration de taxes.

Par exemple: jusqu’à 120 francs pour un déplacement en avion; de 12 centimes par litre d’essence; de 210 francs par tonne de combustible.

Ce renchérissement ne changera pas les habitudes de ceux qui en ont les moyens, il freinera ceux qui ne les ont pas. Certes l’argent ainsi collecté serait reversé à la population, par exemple par un fonds pour le climat subventionnant l’assainissement des immeubles, profitable plus aux propriétaires qu’aux locataires.  

C’est ce qui s’est passé en France. En augmentant les taxes sur l’essence, le gouvernement a pénalisé la classe des travailleurs qui sont obligés d’utiliser une voiture pour se rendre à leur travail, au point de susciter la révolte des gilets jaunes. Finalement il a dû capituler et consentir des subsides au niveau de 12 milliards d’euros pour apaiser la révolte.

La leçon est claire: toute politique de gestion de la transition climatique doit se préoccuper de justice sociale.

Il en est de même en comparant les pays. La Suisse se fixe l’objectif de réduire de 50% son empreinte carbone en 2030. Mais elle se garde d’imposer cet effort à ses citoyens. La part de la réduction réalisée en Suisse ne serait que de 60%, le reste serait couvert par une astuce trop peu connue.

* Professeur honoraire EPFL






 
 

AGEFI




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