Survivre à la crise et relancer l’après-crise

mardi, 24.03.2020

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

Le coronavirus a créé deux crises mondiales simultanées: l’une sanitaire et l’autre économique. La raison est simple: pour s’attaquer à la première, il fallait «confiner» les gens et donc plus ou moins «stopper» la consommation et la production. En conséquence: le système de santé teste ses limites de capacité et l’économie ses limites de survie.

Nous allons dans cet article non pas faire un diagnostic des dégâts mais réfléchir à quelques remèdes innovants à mettre en place pour la reprise. Pour ce faire, interrogeons l’un de nos chefs d’entreprises les plus performants: Hugo van Buel, managing director de Cla-Val, société industrielle qui fournit des vannes de régulation dans divers secteurs dont les systèmes d’eau potable de nos villes et villages.

Quelles mesures minimales à prendre au sein des entreprises? 

Laver les mains, garder ses distances bien sûr mais aussi on a ajouté d’autres protections comme le port du masque, de gants ou tout autres vêtements adéquats. De plus, les fonctions non-directement liées au flux de production sont organisées en télétravail.

A ce sujet, il est important de rappeler qu’une société industrielle ne vit que si elle livre ses produits et services. Ainsi les mesures de travail à distance peuvent être utiles temporairement et moyennant ajustement. Mais couper les flux de production revient à tirer la prise de milliers de gens qui ne peuvent pas «télétravailler»! Alors, l’usine s’arrête. C’est un rappel évident. À la lumière des annonces fracassantes mais confuses de certains décideurs politiques cela ne semble pas être compris. Messieurs les politiciens pour l’industrie, il n’y a pas de demi-mesures possible!

L’élément central lors des périodes de crise reste, bien entendu, l’aspect de la santé physique de la personne. Il est de la responsabilité des sociétés de tout mettre en œuvre pour que les employés se sentent autant en sécurité au travail «qu’à la maison», c’est pourquoi nous nous efforçons d’étendre la protection aux familles de nos employés et, au-delà, à la communauté. Un exemple concret est la distribution de gants et de masques pour tous.

Un deuxième aspect tout aussi important est la santé mentale de la personne. Beaucoup d’employés ont peur et sont angoissés, l’écoute, la compassion et le leadership des patrons est beaucoup plus important qu’une avalanche de notes, mails et pictogrammes en tout genre. Aussi contradictoire que cela paraisse, cette distanciation physique requiert un rapprochement psychologique.

L’après crise?

Le conseil le plus important est d’appréhender cette crise au-delà du seul cadre de l’entreprise et du moment présent. Il faut changer les cadres de références et se projeter tout à la fois dans la communauté et dans le futur afin de devenir un élément moteur engagé de la société et dans le même temps, anticiper le rebond de l’après-crise. Tous les patrons ont le nez dans le guidon du coronavirus mais il faudra être agile et rapide pour saisir les opportunités au rebond de l’activité économique. Aussi surréaliste que paraît ce conseil, il est avisé de se souvenir qu’il y aura un après-coronavirus.

Toutes les décisions pour demain se prennent aujourd’hui. C’est cela entreprendre: il faut savoir anticiper. Toutes crises aussi dures soient-elles, apportent aussi des opportunités dans la production, la logistique, la vente ou encore l’administratif. C’est exactement ce qu’il faut faire maintenant: innover, innover et innover encore.

* Manufacture Thinking






 
 

AGEFI



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