Surfaces commerciales disponibles: il n’y a aucune raison de changer de cap

jeudi, 27.09.2018

Grégory Grobon*

Grégory Grobon

«Au 1er juin 2018, 310.717 m2 de surfaces d’activités vacantes (à vendre ou à louer) sont recensées dans le canton de Genève». Pour le grand public, les premières lignes du dernier communiqué de l’Office cantonal de la statistique sont un mauvais signe. Chez les professionnels de l’immobilier, la perception est diamétralement opposée.

Qui dit surface vacante, dit surface libre aujourd’hui. Or les départs d’entreprises sont annoncés en avance, et donc connus des bailleurs qui s’y préparent. L’anticipation du taux de vacance par les acteurs du secteur souligne le caractère prévisible, et contrôlé, du marché de l’immobilier commercial.   

Celui de Genève, présentant un taux de vacance situé entre 5 et 6%, est plus sain que celui enregistrant 1% de vacance. Pourquoi? Le canton peut ainsi mieux répondre à la demande ou à une brusque embellie en disposant d’une offre large et diversifiée pour combler tous les besoins. Le marché peut de cette manière innover et anticiper, deux caractéristiques d’une économie dynamique et ambitieuse. Pour comparaison, Paris et Londres, parfois concurrentes de Genève pour l’installation d’une société internationale, affichent un taux de vacance de 6,5% pour la française et de 4,5% pour l’anglaise.

Ce 5,5 % genevois n’est donc pas problématique. Dans les faits, de nombreuses constructions récentes sont quasiment complets. Elles témoignent d’une demande qui reste soutenue. Citons Pont Rouge, plein à 90% et qui sera rempli à 100% d’ici à la fin de l’année; le bâtiment du BIRD à Blandonnet qui retrouve rapidement des locataires pour les 12.000m2 laissés vacants ou encore la zone de Plan-les-Ouates, véritable «hub» économique où s’implantent toujours plus d’entreprises. Ainsi la dynamique actuelle est très bonne; il est déjà difficile de trouver des surfaces de plus de 1000m2 au centre-ville. Tout l’enjeu consiste donc à être capable de maintenir des surfaces pour accompagner les nouveaux besoins des acteurs économiques déjà installés sur notre territoire tout en anticipant les demandes internationales.

Si l’annonce de l’installation du siège mondial d’Alcon à Genève a fait les gros titres ces derniers jours, dans la majorité des cas, ce sont des sociétés déjà présentes qui recherchent des locaux plus grands pour faire face à de nouveaux enjeux économiques. Alors qu’une PME locale se tournera plus facilement vers des espaces morcelés et flexibles, les grands groupes internationaux privilégieront quant à eux les grands plateaux. Tout l’enjeu consiste donc à être capable de maintenir des surfaces pour accompagner les nouveaux besoins des acteurs économiques déjà installés sur notre territoire, tout en anticipant les demandes internationales.

Et si le bâtiment joue un rôle, les conditions-cadres sont elles aussi essentielles. À ce titre, le Projet fiscal 17 qui vise à garantir la compétitivité de la fiscalité (PF17) est très attendu pour relancer les installations d’entreprises tout en soutenant le tissu économique local.

Nous sommes convaincus que Genève, comme Lausanne, a une carte maîtresse à jouer en présentant, par un bâti commercial varié et disponible, un visage dynamique et attractif. C’est en continuant à anticiper, en construisant des surfaces commerciales, que l’on continuera à être compétitif. Nous devons maintenir ces conditions structurelles favorables, garantes de notre bien-être.  Il n’y a donc aucune raison de changer de cap!

* Directeur général, SPG Intercity






 
 

AGEFI



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