Streaming contre médias

mardi, 02.10.2018

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

Netflix, Spotify, Apple Music, etc. ont changé la manière de regarder les films ou d’écouter la musique. On est en liaison directe, via Internet avec un serveur qui vous envoie en continu le fichier vidéo ou le morceau choisi. Pas de stockage, que du flux. Vous consommez les données comme elles arrivent. Efficace!

Cette technologie modifie non seulement les méthodes de diffusion mais a également ouvert la voie à de nouveaux modèles d’affaires comme la mensualisation des services infinis: on ne consomme plus à la pièce, on s’abonne pour une consommation illimitée. C’est une rupture totale avec les pratiques anciennes commerciales.

Cela nécessite quelques explications:

A vrai dire, il y a trois modèles d’affaires couramment utilisés dans le streaming: d’abord le tout gratuit comme 123Movies, le tout payant en mensualité comme Netflix (mais pour une consommation illimitée) ou alors un mixte genre Youtube qui est en fait payé par la publicité avec des insertions vidéo-pub impromptues.

Les nouveautés dans ces modèles, c’est évidemment d’un part, le tout gratuit (sans publicité) et d’autre part, les abonnements à consommation illimitée de type Apple Music, etc. Les modèles du tout gratuit sont basés sur une automatisation extrême et sans paiement de droit d’auteurs. Ils sont en général à la limite de la légalité et parfois carrément illégaux. C’est un modèle qui est basé sur une conquête de parts de marché pour devenir ensuite d’une façon ou d’une autre payant. Certaines entreprises n’ont pas survécu à ce genre d’aventure comme Myspace en 2003 qui a toutefois offert un espace révolutionnaire aux musiciens face aux maisons de disque et avant lui, Napster en 1999, qui a créé un véritable tsunami en frappant de plein fouet l’industrie de la musique pour la transformer intégralement.

Et maintenant la presse écrite.

En 1999 déjà est lancé Romandie.com. C’est un média Internet gratuit en streaming. Sorte d’agrégateur de flux RSS, le site offre de l’actualité en continu. Payé par la publicité, c’est du «breaking news» en permanence. C’est simple, efficace et toujours actualisé. Il colle au principe même du terme d’actualité. Avec environ 1,5 million de visiteurs mensuels, c’est un bon score pour la Romandie. Ce média d’information devrait préfigurer l’avenir de la presse dans notre pays car il est toujours à jour. C’est le cas de le dire. Par contre quand vous regardez le TJ avec Darius Rochebin qui lit son prompteur, vous savez que vous êtes dans une sorte de «déjà vu» de l’actualité. Tout ce que les actualités vous offrent, c’est du réchauffé (sauf le direct et les invités peut-être). Gilles Marchand a beau se démener depuis Berne en promettant une nouvelle plateforme Internet … la réalité d’aujourd’hui, c’est soit vous produisez et diffusez du direct (le live) ou vous n’existez pas!

Pour les journaux papiers c’est pire encore! Ils sont totalement démunis face au vieillissement rapide des «news». Car rappelons-le, aucune «news» ne tient plus longtemps que sa première diffusion… tout le reste est du «retweeté». C’est la dure réalité de l’actualité. En conséquence, il ne restera de presse que celle de l’analyse réfléchie. C’est évidemment plus difficile à produire.

La «news» et son pendant la «fake» s’en sont allées sur la toile… et il ne restera en quelque sorte que l’information développée ou analytique pour la presse écrite … cette dernière est souvent beaucoup plus indigeste pour le simple lecteur!

" Mathématicien






 
 

AGEFI



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