Stadler Rail veut entrer à la Bourse de Zurich

mardi, 19.03.2019

Le groupe Stadler Rail devrait réaliser "dans les prochains mois" son IPO.

Le chiffre d'affaires net consolidé de Stadler Rail a accusé un recul de 16,7% à 2 milliards de francs en 2018. (Keystone)

Stadler Rail va déposer une demande de cotation auprès de l'opérateur boursier SIX Swiss Exchange. L'introduction en Bourse devrait être réalisée "dans les prochains mois, sous réserve du contexte de marché". Peter Spuhler entend rester - du moins à moyen terme - l'actionnaire de référence et le président du conseil d'administration du groupe.

Actuellement propriétaire de 80% du capital-actions, l'industriel thurgovien a indiqué mardi en conférence de presse son intention de conserver une part d'au moins 40% dans la société qu'il a rachetée il y a une trentaine d'années. Il s'est par ailleurs engagé à conserver une participation d'au moins 30% dans l'entreprise pendant les trois ans qui suivront l'introduction en Bourse.

"Depuis que j'ai repris Stadler en 1989 avec 18 collaborateurs, nous sommes parvenus, moyennant une expansion organique ciblée, à atteindre une forte dynamique de croissance, avant tout à partir de 2008", a déclaré l'industriel thurgovien, cité dans un communiqué.

Depuis sa création en 1942, le constructeur de Suisse orientale se targue d'avoir vendu plus de 8000 rames de trains et locomotives dans 41 pays. Les véhicules dont Stadler assure la maintenance parcourent chaque année plus de 170 millions de kilomètres.

Vers de nouveaux horizons

Le groupe, qui emploie désormais quelque 8500 personnes, ambitionne d'étendre son empreinte géographique. A ce jour, le constructeur de matériel roulant de Suisse orientale est présent en Europe, en Amérique du Nord et dans les anciennes républiques soviétiques. "Nous ne sommes pas encore présents en Asie, mais nous sommes toujours à la recherche d'opportunités", a assuré l'ex-conseiller national UDC.

Revendiquant une part de marché sur le Vieux continent qui avoisine désormais les 15%, il a reconnu que celle-ci était encore sensiblement inférieure dans les deux autres régions de chalandise du groupe. Selon lui, la cotation sur SIX représente la "prochaine étape logique" dans la croissance de la société.

L'entrée en Bourse "va nous aider à renforcer durablement la position de Stadler sur nos marchés par rapport à la concurrence et soutenir le développement futur de l'entreprise", a poursuivi le Thurgovien.

Les actions proposées au public dans le cadre de l'opération seront exclusivement les siennes. L'opération ne comprend pas les 10% aux mains de la fondation allemande RAG et les 10% détenus par les cadres de l'entreprise.

Ventes et rentabilité en baisse

Dans la foulée de l'annonce de introduction en Bourse, Stadler a levé le voile sur sa performance annuelle. Le chiffre d'affaires net consolidé a accusé un recul de 16,7% à 2,0 milliards de francs et l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) de 15,1% à 208 millions.

Revenant sur ces chiffres, le directeur financier Raphael Widmer a insisté sur le fait que la comptabilisation d'une vente n'est effective que lorsque le produit a effectivement été livré au client.

Avec un carnet de commandes de 13,2 milliards au bouclement de l'exercice 2018, le groupe s'attend à ce que ses ventes atteignent les 4 milliards de francs à l'horizon 2020.

L'optimisme est de mise, dans la mesure où le marché des véhicules ferroviaires connaît une croissance plus rapide que celle de l'économie mondiale, a signalé Thomas Ahlburg, directeur général de Stadler, qui compte bien étoffer ses parts de marché.

La rentabilité s'est également érodée au cours de ces dernières années. La marge opérationnelle (Ebit) a reculé à 7,5% lors du dernier exercice, après 7,9% en 2017 et 8,7% en 2016. A l'horizon 2020, le président de Stadler a placé la barre à 8,5%.

Conseil d'administration étoffé

Le groupe, qui a tenu ce lundi son assemblée générale, a en outre élu la première femme à son conseil d'administration en la personne de Barbara Egger-Jenzer.

L'ancienne députée socialiste a dirigé pendant de nombreuses années le Département des travaux publics, des transports et de l'énergie du canton de Berne. Avocate de formation, elle a en outre siégé aux conseils du transporteur ferroviaire BLS et de l'énergéticien BKW.

Parmi les neuf membres du conseil d'administration de Stadler figurent d'éminentes personnalités comme le président de Roche et ancien directeur général de la compagnie aérienne Swiss, Christoph Franz, l'ex-patron de Sulzer puis ABB Fred Kindle et l'ex-ministre allemand de l'économie Werner Müller. (awp)






 
 

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