Swiss Re se montre rationnel en non vie

vendredi, 04.08.2017

Souscription et sélection disciplinées des risques ainsi qu’une gestion rigoureuse du capital demeurent prioritaires pour ce réassureur surcapitalisé.

Philippe Rey

Malgré les attentes du marché, les résultats de Swiss Re sont tout à fait décent. (Keystone)

Grâce à une souscription disciplinée des risques et une performance solide des investissements, Swiss Re a réalisé un résultat tout à fait décent lors du premier semestre 2017, bien qu’en dessous des attentes du marché financier. Les marchés de la réassurance et l’assurance directe non vie continuent d’être difficile, à rester un soft market avec une pression sur les tarifs. Ce que reflète en particulier l’unité d’affaires Corporate Solutions (affaires avec les grandes entreprises), qui été affectée aussi par des catastrophes naturelles plus élevées. Elle a présenté un ratio combiné de 104,5% pour le premier semestre et un rendement des fonds propres (ROE) annualisé de 3,6%.

A cela s’ajoute le coût des sinistres (320 millions de dollars, nets de rétrocession et avant impôt) provenant du de l’ouragan Debbie en Australie dans l’activité de réassurance non vie du groupe. Néanmoins, celle-ci a bien tiré son épingle du jeu avec un ROE annualisé de 9,1% et un ratio combiné stable à 97,4%. Le recul de 15,5% des primes brutes traduit justement une approche rationnelle en termes de sélection des risques et de réduction des capacités où les prix ne correspondent pas aux critères de rentabilité de Swiss Re. Celui-ci resserre son portefeuille en abandonnant les affaires non rentables et maintient une qualité des prix ajustés des risques.

 

A court terme, peu d’opportunités de redéploiement du capital se présentent en non vie, contrairement à l’activité vie & santé (Health & Life) qui a obtenu un ROE de 12,7%, continuant ainsi de présenter une forte performance, selon Christian Mumenthaler, CEO du groupe. L’activité Life Capital, qui constitue un élément de différenciation, génère un cash considérable et a distribué un dividende de 1,1 milliard de dollars au groupe. Certes, le ROE n’est pas très élevé (4,0%), ce qui correspond à la nature de ce business. Un capital propre de 11,7 milliard de dollars est investi dans la réassurance non vie et 7,5 milliards dans l’unité d’affaires Vie & Santé. Corporate Solutions emploie un peu plus de 2,1 milliards de dollars et l’activité Life Capital, un peu plus de 7 milliards.  On distingue ainsi mieux l’intensité en capital de chaque unité d’affaires.

 

Flexibilité grâce à sa force financière

 

Avec un ratio de solvabilité de  262% (ratio SST pour le groupe), au-dessus de l’objectif de 220%, Swiss Re se montre fortement capitalisé ; il est ainsi bien placé pour faire face aux défis de l’industrie de la réassurance et saisir des opportunités en matière de solutions d’envergure et taillées sur mesure que seuls quelques réassureurs comme Berkshire Hathaway (qui possède Gen Re) ou Munich Re, peuvent effectuer. Swiss Re veut continuer à garder sa discipline au plan de l’allocation systématique du capital. La gestion du capital demeure une priorité, d’après David Cole, CFO. A ce sujet se pose la question de l’exécution effective du programme de rachat d’actions pouvant aller jusqu’à 1 milliard de francs. Swiss Re se montre plutôt prudent sur ce plan à présent et avant la haute saison des cyclones tropicaux de l’Atlantique Nord.

 

Swiss Re s’engage à créer de la valeur à long terme, comme Walter Kielholz, président du conseil, et Christian Mumenthaler le soulignent dans leur lettre aux actionnaires. A fin juin, la valeur comptable des fonds propres (book value) par action ressortait à 107,10 dollars (102,57 francs), après la distribution de 2,0 milliards de francs aux actionnaires. L’action se négocie avec une décote d’un peu plus de 10%. C’est un cours raisonnable sans plus eu égard à un ROE de annualisé de 7,0% pour le groupe lors du premier semestre. Certes, en tenant compte aussi de la surcapitalisation de ce groupe. Toutefois, plus de capital que nécessaire s’avère en permanence préférable dans la réassurance. Cela reste un facteur de différenciation outre celui par la recherche, le savoir et la compétence.

 

 

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