Sommes-nous des Super-héroïnes?

jeudi, 21.11.2019

Nathalie Brodard*

Nathalie Brodard

J’ai eu la chance d’être invitée comme Keynotespeaker, il y a quelques semaines, pour échanger sur la pluralité des rôles de la femme. Vous me direz: encore une soirée dédiée aux femmes… Et pourquoi pas? 

Le titre de la soirée était: Sommes-nous des Super-héroïnes? Alors, le sommes-nous? Oui, non, peut-être... Je n’en sais trop rien, mais quelle pression parfois! Que nous soyons épouse, mère ou pas, femme de carrière, voisine, sœur, nous aurons toujours des attentes par rapport à nos divers et multiples rôles. 

Le but de cette soirée était le partage d’expériences et l’identification de nos rôles, ceux qui nous plaisent, ceux qui nous stressent, ceux qui nous ressemblent et ces rôles que nous n’aimerions plus jouer.  Dans quel rôle sommes-nous le plus épanouies et quel temps accordons nous à ces rôles. 

Mais revenons à la question centrale de cette chronique: est-ce que je me considère comme une super-héroïne? Il y a l’image et bien entendu la réalité du quotidien. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai deux vies: une privée et une professionnelle.  J’ai choisi de devenir entrepreneur il y a dix ans, alors que je revenais du Moyen-Orient avec mes fils, l’aîné 3 ans et le cadet à peine 10 mois. Je ne me suis pas posée beaucoup de questions, mais je me suis lancée et j’ai nagé. Chaque jour, chaque année représente une nouvelle étape et je continue à jongler avec mes différents rôles. Comme vous certainement, je me remets sans cesse en question. Il y a toujours une partie de moi qui n’aura jamais confiance et qui recherchera toujours plus ou autrement.  

Et il y a des jours où j’ai l’impression que rien ne fonctionne. Mais pourquoi et pour qui surtout je cours après la perfection? Lors de cette soirée, je me suis rendue compte que ces merveilleuses femmes vivaient toutes des situations différentes de la mienne, mais pas si éloignées que cela. Elles sont grand-mère, employée, femme, mère seule…. Toutes avaient des rôles qui leur prenaient plus de temps que d’autres. Un élément les caractérise toutes: le manque temps. Elles ne pensent pas à s’octroyer des moments à elles. Et là, il y a certainement quelque chose à faire. 

Pourquoi ne pas s’offrir de temps en temps un jour «off» pour prendre un peu de recul? Il pourrait être consacré à dresser une liste des différents rôles que l’on tient au quotidien: leur nombre, leur impact sur votre moral et sur votre énergie. Posez-vous les bonnes questions: quels sont les rôles qui m’épanouissent? Lesquels me pèsent? Qu’arriverait-il si j’arrêtais de m’engager bénévolement pour une association ou si j’arrêtais d’organiser la fête de Noël toutes les années? 

S’apercevoir que certains rôles ne sont pas obligatoires et les laisser un peu de côté, n’est pas bien grave. Cela permet de faire baisser la pression, d’arrêter la course à la perfection et d’envisager un statut de super-héroïne de manière plus humble et avec beaucoup d’épanouissement personnel et professionnel. 

Ces questionnements, finalement, ne seraient-ils pas avant tout humains? C’est vrai, chers lecteurs, ne vous est-il jamais arrivé de vous poser ces questions? N’avez-vous jamais ressenti certains de ces doutes? N’y avez-vous jamais songé? Honnêtement, chers super-héros…

* CEO and Founder, Brodard Executive Search






 
 

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