Simplifier est parfois si compliqué!

jeudi, 12.09.2019

François Besençon*

François Besençon

Simplifier la réglementation sur l’indication des prix, c’est l’adapter à l’évolution du commerce de détail. 

Cela semble même formidablement naturel à l’heure où les Amazon, Google mais aussi des acteurs suisses comme Galaxus ou Le Shop révolutionnent le secteur du commerce de détail comme la façon de communiquer leurs conditions de vente. 

L’ordonnance sur l’indication des prix (OIP), plus connue comme l’ordonnance sur les soldes et les promotions a été promulguée en 1978 après des discussions intenses entre les représentants des consommateurs, des commerçants et des milieux publicitaires. L’encadrement des soldes et des promotions est un acquis majeur des milieux consommateurs et personne n’entend les remettre en question. 

Les commerçants ont eu aussi intérêt à un cadre bien établi à connaître la ligne rouge, faute de quoi, la surenchère qu’ils pourraient se livrer ne pourraient que risquer d’entamer la confiance entre les acheteurs et les vendeurs, élément nécessaire à toute transaction commerciale. 

Il n’en reste que cette ordonnance date d’un temps où internet n’existait pas, où les comparateurs de prix n’apparaissait que dans des journaux spécialisés ou des émissions télévisées et où le commerce étaient essentiellement régional ou local. 

L’objectif de la motion Lombardi est de simplifier, et surtout de mettre au goût du jour, les règles relatives à l’indication des prix afin de les rendre compréhensibles et transparentes pour tous les consommateurs. Qui donc s’arrête aujourd’hui devant une affiche pour lire les multiples lignes de conditions légales qui y figurent en caractères minuscules? Personne. En revanche, renvoyer les consommateurs vers un site web sur lequel l’ensemble des informations sont consultables tranquillement, de façon claire, en tout temps - tel que le propose la motion -, voilà ce qui permet véritablement de les aider et donc de renforcer leur confiance.

Aujourd’hui le consommateur moyen, qui est justement celui sur lequel on se base pour interpréter si une publicité est fallacieuse ou pas, est habitué à se renseigner sur internet et à utiliser les multiples comparateurs de prix qui lui permettent de prendre sa décision d’achat en toute connaissance de cause. 

Les moyens électroniques à la disposition des consommateurs ont apporté une transparence bienvenue, il faut savoir le reconnaître et simplifier ainsi notre réglementation. Une réglementation dont la mise en œuvre et la surveillance coûte cher: Le SECO publie plus de 20 brochures aidant à l’application de l’actuelle OIP…..S’il fallait une preuve que le système actuelle est ubuesque, elle est donnée. 

Qui plus est, dans un commerce de détail toujours plus international, les règles appliquées aux acteurs suisses désavantagent ces derniers. Nos règles sont parmi les plus contraignantes en Europe, plus encore que celles appliquées en Allemagne connu pourtant pour être un bastion de la protection des consommateurs. La Suisse, dans le Top 3 des achats sur internet, doit montrer l’exemple et adapter son cadre régulatoire à l’évolution des technologies comme des habitudes. 

La complexité coûte cher. Alors simplifions, pour le bien des entreprises du commerce de détail, mais aussi pour alléger le travail de nos administrations fédérales et cantonales. Les consommateurs ne seront pas perdants.

* Vice-président, Communication Suisse






 
 

AGEFI




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