La BNS pourrait abaisser les taux dans un mouvement surprise

mercredi, 23.11.2016

Si le franc chutait rapidement vers 1,05 et que les interventions sur le marché des devises ne seraient pas suffisantes, la BNS pourrait devenir active et renforcer les taux négatifs, a averti Janwillem Acket, économiste en chef de Julius Bär.

La BNS, qui prélève depuis début 2015 un intérêt de 0,75% sur les avoirs à vue, a pris les devants avec la récente intervention d'Andréa Maechler, membre du directoire de la banque centrale helvétique. Elle avait alors souligné "qu'il nous reste une certaine marge de manoeuvre pour abaisser encore, si nécessaire, le taux d'intérêt". - (Reuters)

La Banque nationale suisse (BNS) pourrait ne pas attendre ses réunions périodiques pour abaisser davantage les taux directeurs, si le franc venait encore à se renforcer face à l'euro et si les mesures conventionnelles ne suffisaient plus, ont indiqué mercredi les économistes de Julius Bär.

"Si le franc chutait rapidement vers 1,05 (EUR/CHF) et que les interventions sur le marché des devises ne seraient pas suffisantes, la BNS pourrait devenir active et renforcer les taux négatifs", a averti Janwillem Acket, économiste en chef de Julius Bär.

L'institut d'émission pourrait surprendre les marchés en agissant en dehors des réunions de politique monétaire qu'elle tient tous les trois mois. Le prochain rendez-vous de la BNS est agendé au 15 décembre, soit au lendemain de la réunion de deux jours de la Réserve fédérale américaine (Fed). Cette dernière devrait très probablement augmenter ses taux de 0,25 point, une première depuis décembre 2015, selon les économistes.

La BNS, qui prélève depuis début 2015 un intérêt de 0,75% sur les avoirs à vue, a pris les devants avec la récente intervention d'Andréa Maechler, membre du directoire de la banque centrale helvétique. Elle avait alors souligné "qu'il nous reste une certaine marge de manoeuvre pour abaisser encore, si nécessaire, le taux d'intérêt".

Le discours de Mme Maechler est "un coup de semonce à destination des marchés", a poursuivi M. Acket, ajoutant toutefois que l'institut d'émission n'utilisera qu'"à contre coeur" cet instrument monétaire en raison du dommage collatéral sur l'économie.

L'économiste a souligné l'importance de la future politique du président élu Donald Trump aux Etats-Unis. La BNS a dû intervenir massivement sur les marchés pour freiner l'appréciation du franc, mais la devise suisse n'a depuis plus atteint le niveau d'avant l'élection présidentielle du 8 novembre.

Le mouvement de renchérissement du franc pourrait également s'accélérer avec le référendum en Italie et les élections en Autriche.

Mercredi vers 13h, la paire de devises EUR/CHF évoluait à 1,0733, alors qu'elle s'échangeait à 1,0818 quelques jours avant le scrutin aux Etats-Unis. - (awp)


 

 
 



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