Goodrop, la plateforme pour traquer les conteneurs maritimes en direct

dimanche, 02.06.2019

Shipping. La jeune entreprise rend le suivi des expéditions de conteneurs maritimes accessibles en un clic et de manière centralisée.

Marine Humbert

Timur A. A. Khan. L’entreprise dont il est le fondateur et CEO comptabilise une centaine d’entreprises clientes.

La technologie de Goodrop aide les acteurs clé au sein de la chaîne d’approvisionnement des transports maritimes à gérer l’envoi et la réception de leurs cargaisons sur une seule plateforme. L’outil a l’ambition d’augmenter la productivité des acteurs du shipping en rendant le suivi de leurs expéditions accessibles en un clic et de manière synchronisée.

Alors qu’il occupait le poste de chef opérateur dans l’entreprise genevoise de trading Getitrade, dont sa mère est la directrice, Timur A. A. Khan parcourait plusieurs fois par jour des sites de grandes compagnies maritimes pour s’assurer du suivi des conteneurs de ses clients. «Concrètement, chaque opérateur doit consulter une à une les nombreuses plateformes maritimes pour suivre l’évolution des envois. A partir de ces données, ce dernier va créer un tableau Excel qu’il devra ensuite envoyer à ses clients, et éventuellement à son chef commercial. A savoir que ces fichiers doivent encore être mis à jour manuellement selon les évolutions des conteneurs». Face à ces petites opérations, qui, mises bout à bout font perdre du temps précieux dans une journée de travail, et créent nombre de frustrations, est née en 2018 la technologie Goodrop, qui permet de suivre ses chargements maritimes de façon instantanée, le tout centralisé sur une même plateforme.

Sous forme d’abonnement, le client dispose d’une carte regroupant ses expéditions sous différents statuts: en chargement, en voyage et arrivée. Goodrop envoie des notifications pour chaque étape du transport, y compris les activités au transbordement et les mises à jour d’estimations de temps d’arrivée (ETA). L’expédition dispose d’un lien public et synchronisé, que le client peut partager avec d’autres prestataires. A noter que Goodrop se charge du suivi de la cargaison, mais c’est au propriétaire d’entamer les démarches auprès des compagnies maritimes si le chargement est perdu ou retardé.

Comptabilisant déjà une centaine d’entreprises clientes, et ayant suivi plus de 10.000 TEU de conteneurs depuis son lancement en 2018, Goodrop s’apparente pour le moment à une petite goutte dans un océan qui supporte pas moins de 80% des échanges mondiaux en volume, mais elle pourrait bien causer des remous dans la planification et la gestion des transports de conteneurs, estimé à plus de 7 milliards de dollars, selon la dernière étude sur les transports maritimes 2018 de la conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

L’Amérique du Sud comme cible

Les clients de l’entreprise vaudoise, allant du trader, banque, transitaire, à l’usine comportant un département dédié à l’export, ou tout autre acteur clé au sein de la chaîne d’approvisionnement, se situent principalement en Europe, en Amérique du Sud et en Afrique. «Le manque d’accessibilité aux solutions informatiques en Afrique, joue en notre faveur, ces derniers fonctionnant surtout sur smartphone, et non avec des outils de bureautique classique que nous connaissons chez nous en Europe. Notre outil permet aussi de dépasser la barrière de la langue entre l’Amérique du sud, où le back office parle souvent seulement l’espagnol, et l’Afrique, qui s’exprime en anglais et en français. Le décalage horaire et la différence des jours fériés ne pose aussi plus de problème, étant donné que Goodrop est accessible à tout moment et de manière synchronisée».

L’Asie ne représente pas un marché cible, car le coût de la main d’œuvre est si bas, qu’il n’apparait pas important pour les entreprises d’optimiser financièrement leur département dédié au suivi manuel des conteneurs.

Proposant une technologie permettant d’automatiser la logistique du fret en transit, l’entreprise suisse Aeler creuse aussi sa place sur le marché suisse. Mais selon le fondateur de Goodrop, qui revendique une application clé en main, les deux entreprises ne visent pas les mêmes prestations «Nous nous positionnons comme une application de productivité, une solution technologique très accessible et légère qui peut être utilisée du jour au lendemain, à court ou à long terme. Nous n’intégrons pas le système informatique de nos clients, un simple numéro d’identification de la cargaison permettant d’utiliser notre outil. Aucun lien contraignant ne pèse sur nos utilisateurs».

Forte de quatre employés répartis entre Lausanne et Genève, Goodrop est actuellement en pleine période de recrutement de deux collaborateurs à Genève et Bâle, ainsi qu’en Amérique du Sud, afin de développer son département vente.






 
 

AGEFI



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