Soins à domicile: les personnes dépendantes ignorent souvent leurs droits

vendredi, 14.12.2018

Selon une étude de Comparis, 80% de la population suisse ignore que l'allocation pour impotent ne dépend ni du revenu, ni de la fortune.

Résultat, fait savoir vendredi Comparis, les patients et leurs proches passent à côté d'une aide pouvant aller jusqu'à 22'560 francs par année.(Keystone)

Les Suisses ne sont souvent pas conscients de leurs droits en matière de soins à domicile, relève Comparis. Selon une enquête du comparateur de prix sur internet en collaboration avec l'Université de Lucerne, 80% de la population ignore que l'allocation pour impotent ne dépend ni du revenu, ni de la fortune.

Résultat, fait savoir vendredi Comparis, les patients et leurs proches passent à côté d'une aide pouvant aller jusqu'à 22'560 francs par année. Il faut savoir, observe le comparateur, que seul le besoin d'aide est déterminant pour obtenir l'allocation pour impotent. La large ignorance des Suisses sur ce point fait que personnes dépendantes passent souvent à côté de prestations (en cas de dépendance maximale, l'allocation dépasse 22'000 francs par an).

Il en va de même pour le droit aux prestations complémentaires et à l'aide sociale: "Dans la jungle des aides financières du système de santé et du système social, les allocations maximales vont avant tout aux personnes les mieux avisées ou les mieux conseillées. Il serait préférable que l'aide bénéficie surtout à ceux qui en ont effectivement besoin", estime Felix Schneuwly, expert assurance maladie chez Comparis, cité dans le communiqué.

Marché très fragmenté

Les soins à domicile concernent près de 350'000 personnes en Suisse. Souvent, elles sont dépassées face à la variété de l'offre, précise le communiqué. Comparis lance à leur intention un nouveau comparatif des divers organismes d'aide et de soins à domicile (ASD/Spitex). Le marché des soins ambulatoires, fortement fragmenté, compte plusieurs centaines d'organismes publics et privés.

Un bon rapport qualité/prix constitue un critère essentiel dans le choix d'un organisme d'ASD. En moyenne nationale, une heure de soins à domicile, toutes contributions de l'Etat comprises, revient deux fois plus cher auprès d'un organisme public qu'auprès d'un organisme privé.

Cela dit, les organismes ASD publics sont également chargés d'un mandat de service public et d'une mission de formation. Un fait dont seulement 52% des personnes interrogées ont connaissance, relève l'enquête. En outre, seul un tiers sait que la contribution à charge des patients pour les frais de soins varie selon le canton et le prestataire. Quant à la participation maximale des patients aux prestations de soins (15,95 francs par jour), 14% seulement des sondés en ont déjà entendu parler.

Dans la plupart des cas, les prestataires privés n'ont pas les mêmes avantages en matière de financement résiduel: pour les soins de longues durée, ils sont tributaires des contributions de l'assurance maladie, qui restent inférieures aux coûts, et de la participation correspondante des patients (20% maximum). Raison pour laquelle il faut tenir compte de la combinaison de prestations dans son ensemble.

En outre, 23% des sondés ignorent que l'assurance de base contribue aux frais des soins à domicile s'ils sont dispensés sur ordonnance médicale. Toutefois, l'aide ménagère n'est pas couverte par l'assurance de base, un point qu'ignorent 60% des sondés.(awp)






 
 

AGEFI



...