Les entreprises vaudoises espèrent un rapide retour à la normale

mardi, 28.04.2020

Selon une enquête menée par la CVCI, les sociétés vaudoises voient leur trésorerie et leurs ventes considérablement réduites. Fortement touchées, elles comptent sur les mesures d’aides complémentaires, tout en souhaitant que celles-ci soient améliorées.

SM

Si l’année 2019 avait débouché sur des résultats solides et que 2020 s’annonçait favorable, la situation a radicalement changé en mars dernier pour les entreprises vaudoises. (Keystone)

Le canton de Vaud est le territoire suisse le plus touché par le coronavirus en termes de décès, dépassant le Tessin depuis mi-avril. Les hospitalisations y sont néanmoins en baisse. Selon une étude de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI), le virus fait aussi des ravages au niveau économique.

En complément à sa traditionnelle enquête conjoncturelle de printemps, l’association porte-parole de près de 3300 sociétés du canton a mené un sondage express auprès de ses membres. Elle a obtenu près de 500 réponses en une semaine, au début du mois d’avril. Les compagnies qui s’y sont exprimées estiment que les conséquences de la crise seront durables: baisse de la demande, perte de clientèle, licenciements, faillites, inflation ou encore problèmes d’approvisionnements.

Impact d’ampleur

Si l’année 2019 avait débouché sur des résultats solides et que 2020 s’annonçait favorable, la situation a radicalement changé en mars dernier. Pratiquement l’ensemble du tissu économique est touché, et ce, de multiples façons. La baisse des ventes est l’élément le plus cité, par près de 70% des répondants. Des conséquences négatives sont attendues sur la trésorerie dans les trois mois qui viennent par 90% des entreprises sondées.

La proportion des effectifs travaillant sur site s’élève à 30%, en moyenne, début avril: preuve d’un niveau minimal d’activité a été maintenu grâce à l’instauration de mesures respectant les directives de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Ainsi, l’impact négatif de la crise sur la production n’est relevé que par 22% des répondants seulement.

Soutien pas encore au point

Le marché de l’emploi devrait être durablement touché: quatre entreprises sur cinq s’attendent à un impact négatif sur le nombre d’équivalents temps plein si cette crise venait à perdurer.

Si trois quarts des entreprises ont fait – ou feront prochainement - une demande d’indemnités RHT (chômage partiel), seuls 10% des répondants ont dû procéder à des réductions d’effectifs, pour le moment.

A noter que les sondés jugent généralement que les mesures exceptionnelles d’aide présentées par les autorités fédérales doivent encore être corrigées et améliorées, en tenant compte des spécificités des différentes entités de l’écosystème économique. Parmi les soutiens supplémentaires à envisager, la question des aides pour les indépendants et pour les start-up revient très souvent (NDLR : ils ont répondu au sondage avant les dernières mesures annoncées pour les indépendants et les start-up), et de nombreuses voix s’élèvent également pour que des aides à fonds perdus soient octroyées.

Adaptation des loyers, allègements fiscaux pour les personnes morales et physiques, allongement du montant et du délai des soutiens octroyés, report des délais de paiements (impôts, AVS, TVA) sont autant de suggestions émanant des entreprises et qui pourraient être entendues par la Confédération et le canton.

Un climat d’incertitude et quelques opportunités

Mais jusqu’à quand cette crise affectera-t-elle la marche des affaires des entreprises? A en croire les opinions récoltées, la reprise sera progressive et suivra le rythme du déconfinement graduel. Si près d’un tiers des membres sondés prévoient une normalisation de leurs activités cet automne, ils sont environ un quart à envisager une reprise dans le courant de l’été. Une proportion similaire s’attend même à une normalisation début juin déjà. A contrario, la situation ne devrait revenir à la normale qu’en 2021 selon 10% du panel.

Interrogés sur les opportunités de ce contexte morose, la moitié des firmes sondées s’attendent à ce que cette situation ait aussi quelques effets positifs. Les répondants ont soulignés l’accélération de la numérisation, les changements en termes de consommation et de production, le développement de la créativité et de l’inventivité ou encore la simplification de certaines procédures.

>>> Lire également notre dossier Coronavirus






 
 

AGEFI



...