La rémunération n'est pas la première motivation de la main-d'oeuvre suisse

mardi, 30.04.2019

Selon l'étude Deloitte, les trois facteurs de motivation les plus importants au travail pour les employés suisses sont des dirigeants compétents, une définition claire des responsabilités ainsi que la confiance et le respect. Le salaire ne fait pas tout.

MH

Il existe des différences marquées dans les facteurs de motivation entre les tranches d'âge.(Pixabay)

Selon la dernière étude Deloitte, pour les employés suisses, les facteurs de motivation les plus importants au travail sont des dirigeants compétents, une définition claire des responsabilités et un environnement de travail basé sur la confiance. Le salaire ne fait pas tout.

Dans la plupart des pays européens, comme en France et en Italie, la sécurité de l'emploi et la rémunération occupent la première ou la deuxième place du classement, alors qu'en Suisse, ces facteurs sont bien plus bas dans le classement.

«Cette différence peut s'expliquer par le niveau élevé des salaires moyens et le faible taux de chômage que nous connaissons en Suisse», explique Michael Grampp, Responsable de la recherche chez Deloitte Suisse et auteur de l'étude.

«Comparée à d'autres pays, la main-d'œuvre suisse est moins carriériste. Les perspectives de carrière dans l'entreprise, «être son propre patron» et la gestion d’équipes sont des facteurs qui figurent plus bas que dans les autres pays européens interrogés pour cette étude. Dans une économie prospère, d'autres facteurs sont prépondérants», ajoute-t-il.

Il existe des différences marquées dans les facteurs de motivation entre les tranches d'âge: Pour les millennials suisses, la sécurité et la stabilité du poste sont bien plus importantes que pour les plus de 55 ans.

Le salaire plus important pour les millennials 

La génération plus jeune accorde également plus d'importance à la rémunération et aux possibilités de développement que la génération plus âgée. Ces résultats sont conformes à ceux de l'étude Deloitte 2018 dédiée aux millennials.

Les plus de 55 ans sont, quant à eux, beaucoup moins préoccupés par la sécurité de l'emploi que les autres groupes d'âge, et accordent plus d'importance au fait d'accomplir un travail intéressant en accord avec leurs valeurs personnelles. 

Des modèles d'emplois moins traditionnels

Fait intéressant, les horaires de travail flexibles figurent assez bas dans le classement pour toutes les tranches d'âge. Cependant, si elles avaient le choix, 62% des personnes interrogées opteraient pour des modèles d'emploi moins traditionnels. Une proportion importante des employés à plein temps – environ 25% – ne souhaiteraient pas travailler à temps partiel, mais préfèreraient exercer une activité indépendante ou combiner un emploi salarié et une activité à leur compte.  

«Comme pour «l'expérience client» en marketing, les entreprises devraient mettre l’accent sur une «expérience employé» positive reflétant l'ensemble des perceptions et du vécu des employés au travail, explique Myriam Denk, Associée en charge de Future of Work de Deloitte Suisse.

En termes de rémunération, un système de rémunération personnalisé et global qui reflète un éventail de préférences pourrait motiver davantage la main-d'oeuvre, selon l'étude. Par exemple, les employés pourrait avoir le choix entre différentes modalités de préférences. 

L'étude Deloitte évaluant les attitudes de la main-d'oeuvre est basée sur une enquête réalisée en août 2018 auprès de 15'000 personnes en Europe, dont 1'000 en Suisse.

 

 

 






 
 

AGEFI



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