Macron vers une majorité absolue aux législatives

lundi, 12.06.2017

Selon les résultats définitifs, en voix, le mouvement présidentiel, la République en marche (REM) arrive nettement en tête (32,3%), devant LR-UDI (21,5%) et le FN (13,2%).

Selon les résultats définitifs, en voix, le mouvement présidentiel, la République en marche (REM) arrive nettement en tête (32,3%), devant LR-UDI (21,5%) et le FN (13,2%).

Un mois après son entrée à l'Elysée, Emmanuel Macron est en position de force pour s'assurer une majorité pléthorique après un premier tour des législatives où son parti a laminé tous ses adversaires, sur fond d'abstention record.

Selon les résultats définitifs, en voix, le mouvement présidentiel, la République en marche (REM) arrive nettement en tête (32,3%), devant LR-UDI (21,5%) et le FN (13,2%). Le PS et son allié PRG obtiennent 9,5% et sont légèrement devancés en voix par La France insoumise (11%) de Jean-Luc Mélenchon.

"Macron en marche vers une majorité écrasante" (Le Figaro), "Macron plie le match" (L'Opinion), "Un coup de maître" (Le Parisien), "L'OPA" (Libération). Les titres des quotidiens nationaux de lundi ne laissent aucun doute sur la couleur de la future "chambre bleu Macron" (L'Humanité).

ABSTENTION RECORD
Toutefois, l'abstention a atteint le niveau record de 51,29%, du jamais vu au premier tour des législatives sous la Ve République.
Selon les projections par sièges, REM et son allié du MoDem raviraient dimanche prochain entre 400 et 455 des 577 sièges de l'Assemblée nationale, largement au-dessus de la majorité absolue (289 élus).
Le Premier ministre Edouard Philippe a jugé que les électeurs avaient confirmé leur "attachement dans le projet de renouvellement, de rassemblement et de conquête" de M. Macron.

Ce score tient de la performance pour un mouvement qui, après seulement un an d'existence, a réussi à dynamiter les partis traditionnels de gauche et de droite qui se partageaient le pouvoir en France depuis 60 ans.

Le Parti socialiste, qui contrôlait la moitié de l'Assemblée sortante, s'effondrerait avec ses alliés autour de 15 à 40 sièges, soit encore moins que les 57 de la débâcle de 1993. C'est un "recul sans précédent de la gauche", a reconnu son premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, qui a mis en garde contre le risque de "l'unanimisme" au Parlement.
Le patron du PS, éliminé à Paris, fait partie du cortège des battus, avec les anciens ministres Mathias Fekl, Pascale Boistard, Aurélie Filippetti, François Lamy, Kader Arif, Christian Eckert... Le candidat du PS à la présidentielle, Benoît Hamon, a également été éliminé dès le 1er tour, tout comme les ex-ministres écologistes Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse. D'autres sont en ballottage très défavorable, comme Najat Vallaud-Belkacem.

Protégés par le camp Macron, Stéphane Le Foll, Marisol Touraine et l'ex-Premier ministre Manuel Valls sont en ballottage favorable.
La droite, qui espérait priver le nouveau président Macron de majorité, terminerait avec 70 à 130 élus LR et UDI. Dont une partie devrait soutenir la majorité présidentielle.
Chef de la campagne LR-UDI, François Baroin a appelé à la mobilisation pour éviter des "pouvoirs concentrés" dans "un seul et même parti".
Quant au Front national, un mois après son score record au second tour de la présidentielle, il obtiendrait seulement 1 à 10 sièges, contre 2 lors de la précédente législature. Avec un score de 13,2% très éloigné du score de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle (21,3%).

Mme Le Pen, en tête avec 46% des voix dans le Pas-de-Calais, a centré sa riposte sur le "taux d'abstention catastrophique" qui "pose la question du mode de scrutin" majoritaire.
La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, obtiendrait, elle, 10 à 23 fauteuils, PCF inclus.
RENOUVELLEMENT HISTORIQUE EN VUE
Le parti macroniste est en passe d'obtenir une des plus larges majorités de la Ve République, sans effacer le record de l'UDF-RPR en 1993 (484 sièges). En revanche, il peut espérer battre le record de sièges pour un seul parti, détenu par l'UMP en 2002 (365 sièges).

Quatre députés seulement (dont deux pro-Macron) ont été élus au premier tour, contre 36 en 2012. Effet de la faible participation, il n'y aura qu'une seule triangulaire le 18 juin, dans la 1ère circonscription de l'Aube, contre 34 il y a cinq ans.
Cinq des six membres du gouvernement -qui devraient démissionner en cas de défaite- virent nettement en tête: Richard Ferrand, malgré une affaire immobilière qui a terni la campagne de la REM, Christophe Castaner, Bruno Le Maire, Marielle de Sarnez et Mounir Mahjoubi. Seule Annick Girardin fera face à un second tour délicat à Saint-Pierre-et-Miquelon.

L'Assemblée nationale sera profondément renouvelée à l'issue du second tour dimanche prochain: 224 députés sortants ne se représentaient pas.(awp)



 

 
 



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