Le coronavirus implique des changements profonds pour les employés

mercredi, 06.05.2020

Selon l'enquête menée, la situation au travail depuis la crise du coronavirus s'est détériorée pour 63% de tous les employés en Suisse. Les licenciements sont plus importante dans le secteur de la gastronomie et du tourisme.

Dans l'ensemble, la crise du coronavirus a jusqu'à présent eu des conséquences économiques clairement négatives pour 77% des indépendants.(Keystone)

Quand bien même une forte incertitude plane encore sur de nombreuses prévisions, il est d'ores et déjà clair que la crise du coronavirus a frappé de plein fouet l'économie suisse et ses acteurs, aussi bien les employés, les demandeurs d'emploi que les indépendants. C'est ce qu'indique une enquête représentative réalisée mi-avril par la société de conseil Deloitte auprès de 1'500 personnes vivant en Suisse et en âge de travailler.

Des changements profonds pour les employés

Selon l'enquête menée, la situation au travail depuis la crise du coronavirus s'est détériorée pour 63% de tous les employés en Suisse. Plus de la moitié d'entre eux ont dû réduire leur temps de travail, 27% décompter des heures supplémentaires, 24% poser des congés par anticipation et 2% des employés ont même été licenciés.

Dans les secteurs les plus impactés par la crise et les mesures du Conseil fédéral, tels la gastronomie et le tourisme, les ajustements ont été d'autant plus sévères. La part des employés n'ayant plus du tout de travail, voire ayant été licenciés, tend à y être plus importante.

En revanche, les secteurs moins impactés, comme l'informatique et la communication, ont dans l'ensemble réagi en réduisant les heures supplémentaires et en octroyant des congés par anticipation. C'est dans l'administration et le secteur de la santé que l'on retrouve la proportion la plus faible d'employés ayant eu à souffrir des effets négatifs, sachant que cela représente malgré tout encore plus de la moitié. Grâce au chômage partiel, instrument de crise éprouvé, la plupart des secteurs ont pu dans une large mesure éviter les licenciements jusqu’à maintenant.

De nombreux perdants parmi les indépendants

Les indépendants eux aussi sont fortement impactés par la crise économique: 18% se sont vus contraints de fermer leur entreprise. Pour 21% d'entre eux, le chiffre d'affaires est tombé à zéro et 38% ont indiqué une baisse de leur chiffre d'affaires, même si cela ne signifie pas qu'il a été nul. Dans l'ensemble, la crise du coronavirus a jusqu'à présent eu des conséquences économiques clairement négatives pour 77% des indépendants. L'afflux de demandes de crédit auprès des banques ces dernières semaines montre à quel point la situation est sérieuse pour les entreprises et notamment pour les petites et moyennes exploitations.

La crise n'est pas encore surmontée

« Ces dernières semaines, nombreuses sont les entreprises à avoir dû prendre rapidement des mesures aux conséquences lourdes, allant de ajustements en matière de politique du personnel à la fermeture d'établissements. Désormais, c'est le déconfinement par étapes, et les concepts de protection nécessaires allant de pair, qui placent à nouveau les entreprises devant de grands défis à relever », explique Reto Savoia, CEO de Deloitte Suisse.

Il continue : « Les entreprises suisses doivent instaurer une feuille de route offrant la flexibilité requise pour opérer une transition la plus ordonnée possible et se tourner vers une nouvelle réalité qui comporte encore beaucoup d'inconnues. Le facteur décisif en l'occurrence est de créer un climat de confiance envers la clientèle, par exemple en garantissant la protection de la santé mais aussi des données. »

La crise n'a pas fini de produire ses effets. Même si 71% des employés ne redoutent pas le licenciement, 12% d'entre eux estiment que c'est un scénario plutôt vraisemblable et 7% l'envisagent comme très probable.

L'envie de consommer doit revenir

Les perspectives d'avenir des petites entreprises et des indépendants sont aussi sombres que chez les employés : d'après l'enquête de Deloitte, 24% des indépendants estiment qu'il est très probable ou plutôt probable que la crise du coronavirus les pousse au dépôt de bilan. 66% estiment cependant que ce scénario n'est que très ou plutôt improbable. 10% ne se prononcent pas en la matière.

L'avenir de nombreux employés et indépendants dépend de la vitesse avec laquelle les mesures de confinement prises par les pouvoirs publics vont être assouplies et avec quelle rapidité le retour à la normale se fera pour l'économie – toujours sous réserve que soit assurée la protection de la santé des catégories de population étant particulièrement vulnérables, avec pour objectif d'éviter une deuxième vague d'infection.

« Il est tout aussi important pour les employés que pour les entreprises que l'économie redémarre rapidement et que les gens aient de nouveau envie de consommer. Les entreprises devront faire preuve de créativité et se mobiliser pour mettre en œuvre les mesures de protection requises qui seront de rigueur pendant un certain temps encore, sans toutefois trop restreindre la production ni que la clientèle en pâtisse. Grâce aux mesures de soutien rapidement et largement déployées, la Suisse – forte de ses nombreuses entreprises innovantes – est bien positionnée pour s'extirper plus rapidement de cette crise que bon nombre d'autres pays », déclare Michael Grampp.

Deloitte a réalisé entre le 10 et le 15 avril une enquête représentative en termes d'âge, de genre et de région auprès de 1'500 personnes vivant en Suisse et en âge de travailler (entre 16 et 64 ans). Parmi les personnes interrogées, plus de 1000 étaient employées et 180 établies à leur compte.






 
 

AGEFI



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