Enquête: une PME sur trois supporte elle-même les risques de change

jeudi, 01.03.2018

Selon l'enquête de Credit Suisse, environ un tiers des participants ne se couvrent pas contre les fluctuations de change et assument donc les risques monétaires sur leurs propres deniers.

Le Credit Suisse a interrogé plus de 300 PME suisses sur leurs prévisions concernant la conjoncture et les devises ainsi que sur leur gestion des risques de change, pour une étude publiée aujourd’hui dans sa deuxième édition après celle de 2017.

Les entreprises interrogées s’attendent à moins de turbulences monétaires pour 2018 et estiment que la récente dépréciation du franc suisse par rapport à l’euro sera durable.

Parallèlement, environ un tiers des participants à l’enquête ne se couvrent pas contre les fluctuations de change et assument donc les risques monétaires sur leurs propres deniers. La majorité d’entre eux n’ont tout simplement pas envisagé de stratégie de couverture jusqu’à ce jour.

Dans les rapports d’expérience détaillés, les représentants des PME interrogées soulignent l’importance d’une stratégie de change clairement définie pour assurer la sécurité de planification et leur permettre de se concentrer sur leur cœur de métier.

 

Les attentes des plus de 300 PME interrogées concernant l’évolution des cours de change sont nettement plus homogènes qu’en 2017, lorsque d’importantes décisions politiques en Europe mettaient à l’épreuve la cohésion de l’UE.

Les participants à l’enquête jugent durable l’affaiblissement qu’a connu le franc suisse l’année dernière par rapport à l’euro, toutefois seules quelques PME estiment que le taux de change franchira la barre des 1.20 cette année. En moyenne, elles anticipent un cours EUR/CHF à 1.17, tandis que le dollar devrait évoluer vers la parité (USD/CHF: 0.99). La livre britannique suscite le plus haut niveau d’incertitude, ce qui n’étonne guère les économistes du Credit Suisse puisque l’issue des négociations sur le Brexit reste à trouver. En moyenne, les PME prévoient jusqu’à la fin de l’année un taux de change GBP/CHF à 1.29.

Un tiers des PME ne couvrent pas leurs risques de change

Les trois quarts des entreprises interrogées affichent une forte interdépendance internationale, ce qui se reflète également dans les monnaies d’achat et de vente convenues par contrat. La moitié des PME indiquent acheter principalement des produits et services en euros.

Seule une sur quatre achète dans la monnaie nationale, alors que le franc suisse domine comme monnaie de négoce dans les contrats de vente (47%). Malgré cette forte dépendance vis-à-vis des monnaies étrangères, un tiers des entreprises interrogées ne se couvrent pas contre les fluctuations de change et supportent donc les risques liés aux devises sur leurs propres deniers.

Selon les économistes du Credit Suisse, les principaux obstacles pour les PME ne sont ni les coûts élevés, ni le manque de temps ou les problèmes techniques de mise en œuvre. La majorité des PME sans couverture de change ne semblent tout simplement pas avoir réfléchi à cette option. Ainsi, 63% de ces PME indiquent n’avoir «jusqu’à présent pas envisagé» de stratégie de couverture sur les marchés financiers.

La sécurité de planification est primordiale

Il ressort des rapports d’expérience détaillés établis avec quatre représentants de PME que des stratégies de couverture clairement définies doivent en premier lieu renforcer la sécurité de planification.

Selon les entrepreneurs, ce point est particulièrement important lorsque les listes de prix sont définies pour une période assez longue mais que les ventes ne surviennent qu’ultérieurement. En outre, la couverture des risques de change revêt une importance croissante en amont de grands investissements en devises.

Les entreprises interviewées misent surtout sur les opérations à terme pour fixer les cours de change dans le temps. Les représentants des PME se montrent un peu plus sceptiques vis-à-vis des instruments plus complexes. Une stratégie de couverture doit avant tout permettre aux entreprises de se concentrer sur leurs activités de base.






 
 

AGEFI




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