Samsung: locaux perquisitionnés sur soupçon de corruption

mercredi, 23.11.2016

Selon la presse sud-coréenne, Samsung Group est soupçonné d'avoir soudoyé Choi Soon-Sil, l'amie de 40 ans de la présidente, pour obtenir le feu vert du gouvernement à une fusion controversée réalisée en 2015.

Samsung, premier groupe industriel de Corée du Sud, aurait versé 20 milliards de wons (15,8 millions d'euros) aux fondations de Mme Choi.

Le parquet sud-coréen a mené des perquisitions mercredi chez le groupe Samsung, visé par de nouveaux soupçons dans le cadre du vaste scandale de corruption centré sur la confidente de l'ombre de la présidente Park Geun-Hye.

Selon la presse sud-coréenne, Samsung Group est soupçonné d'avoir soudoyé Choi Soon-Sil, l'amie de 40 ans de la présidente, pour obtenir le feu vert du gouvernement à une fusion controversée réalisée en 2015.

Les enquêteurs du parquet ont perquisitionné les locaux du Bureau des stratégies futures de Samsung, qui supervise toutes les décisions importantes du "chaebol", selon l'agence Yonhap.

Un porte-parole de Samsung a confirmé cette visite, sans autre précision.

La fusion contestée avait été perçue comme une étape cruciale pour assurer une passation des pouvoirs sans histoire au sommet du groupe, au profit de l'héritier présomptif Lee Jae-Yong.

Cheil Industries, la holding de fait du groupe, avait racheté C&T, filiale de Samsung présente dans les secteurs du commerce et de la construction.

Mais un nombre non négligeable d'actionnaires de C&T s'étaient opposés avec force à cette fusion, sous la houlette du fonds spéculatif américain Elliott. Celui-ci faisait valoir que l'opération sous-évaluait la valeur de la compagnie au détriment de ses actionnaires.

La fusion avait finalement été menée à bien, votée par le Service national des pensions de retraites (NPS) de Séoul, un important actionnaire de Samsung.

Le parquet a perquisitionné plusieurs locaux du NPS mercredi, selon une porte-parole de ce service. Le NPS est supervisé par le ministère des Affaires sociales et son ministre de l'époque était vu comme étant très proche de Mme Park.

Mme Choi a été arrêtée début novembre pour abus de pouvoir et extorsion.

Elle est accusée d'avoir usé de son entregent pour contraindre des grands groupes industriels à verser de l'argent à deux fondations douteuses et de s'en être servi à des fins personnelles.

Le parquet soupçonne la présidente de "collusion" dans les activités criminelles de Mme Choi et demande à l'entendre.

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté pour exiger la démission de la présidente.

Samsung, premier groupe industriel de Corée du Sud, aurait versé 20 milliards de wons (15,8 millions d'euros) aux fondations de Mme Choi.

Samsung est aussi soupçonné d'avoir financé à hauteur de 2,8 millions d'euros la formation équestre de la fille de Mme Choi en Allemagne, ce qui a conduit début novembre les enquêteurs à perquisitionner les locaux de Samsung Electronics, navire amiral du groupe.

Le département publicitaire du groupe est lui soupçonné d'avoir donné des fonds à une fondation sportive dirigée par une nièce de Mme Choi.

Plusieurs cadres dirigeants de Samsung, dont M. Lee, ont été entendus dans le cadre de ce scandale, qui met en lumière les relations parfois malsaines entre les conglomérats sud-coréens et le pouvoir politique. - (awp)


 

 
 



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