Conflit Migros: la facture de 1,7 million est justifiée, affirme Piller

mardi, 05.11.2019

Selon Damien Piller, les prestations de 1,7 million de francs correspondent à des travaux de terrassements, de maçonnerie et de chauffage. Le président de l'administration de la coopérative Migros Neuchâtel-Fribourg s'est justifié lors d'une conférence de presse.

"Tout est parfaitement clair et limpide", a déclaré Damien Piller.(Keystone)

Terrassements, maçonnerie ou chauffage: deux montants de 864'000 francs toutes taxes comprises correspondent bien à des prestations fournies, affirme Damien Piller. Ces prestations sont liées à la construction de magasins Migros à Belfaux et à La Roche (FR). 

"Il y a toutes les quittances", a indiqué Damien Piller, président de l'administration de la coopérative Migros Neuchâtel-Fribourg (MNF), lors d'une conférence de presse lundi à Fribourg. Tout est parfaitement clair et limpide."

L'homme d'affaires fribourgeois a demandé deux rapports à des personnes "que je ne connais pas", a-t-il précisé. La fiduciaire FIDAG, basée à Sion, a analysé la régularité comptable et financière de la relation entre les sociétés qui ont construit les magasins de Belfaux et La Roche et MNF.

La société GBL Management, installée à La Tour-de-Peilz (VD), a vérifié pour sa part tous les aspects techniques. Les deux rapports concluent que les deux montants de 800'000 francs hors taxes sont liés aux activités des différents corps de métiers ayant oeuvré sur les chantiers.

Migros a participé aux frais des infrastructures à hauteur de quelque 30%, "un ratio en général appliqué", a déclaré Damien Piller. Par ailleurs, les rapports avancent que les coûts totaux des deux magasins se situent dans la fourchette usuelle.

Le magasin de Belfaux a coûté 2,6 millions et celui de La Roche 2,8 millions. 

1,7 million litigieux 

Ces audits font suite aux accusations de la Fédération des coopératives Migros (FCM), à Zurich, et de la coopérative régionale Migros Neuchâtel-Fribourg à l'encontre de Damien Piller. Il lui est reproché d'avoir facturé un montant "injustifié" de 1,7 million de francs, via ses sociétés Anura et Constructor. 

La FCM et MNF avaient indiqué que les expertises demandées n'avaient pas pu fournir les contre-prestations demandées. Damien Piller a regretté que la direction de MNF ait refusé de soumettre les dossiers complets des constructions et de répondre aux experts, dans le cadre du rapport Hughes, commandé par l'administration MNF et qui blanchit l'homme d'affaires, selon lui. 

Ne rien lâcher

 Damien Piller a également précisé devant la presse qu'il s'était récusé lors de la construction de la Migros de Belfaux, dès que les négociations entre MNF et la société Anura, appartenant à l'homme d'affaires, ont commencé.

Par ailleurs, il a indiqué qu'il n'est devenu propriétaire de la société Constructor qu'un an après la construction du magasin de La Roche. Dans cette dernière affaire, le Fribourgeois a expliqué s'être quand même récusé, alors mandaté comme avocat par MNF. Il trouve les accusations de détournement de fonds "graves" et a déposé plainte pénale contre inconnus pour atteinte à l'honneur. 

Damien Piller reconnaît que "c'était une erreur qu'Anura ait une relation commerciale avec MNF à Belfaux, mais objectivement, [il] ne voit pas ce qu'il [lui] est reproché". D'après lui, la situation actuelle résulte du fait que "la FCM ne supporte pas le fait qu'[il] n'ait pas démissionné". 

Damien Piller déplore "l'énergie qu'il faut mettre aujourd'hui pour prouver qu'[il] ne [s'est] pas mis un franc dans la poche". Il dit désormais poursuivre les procédures pour laver son honneur. "C'est ce qui m'amène à ne pas lâcher." 

Regroupement "sans autorisation" 

Lundi également, MNF et la FCM ont estimé dans un communiqué que "Damien Piller et ses soutiens dépassent à nouveau les limites". Elles critiquent la présence "sans autorisation" d'un groupement en soutien à l'homme d'affaires dans les magasins Migros d'Avry (FR) et de Marin (NE) samedi. Ce groupe a distribué des tracts et posé des banderoles, avant d'être évacué par la gérance du magasin.

D'après le communiqué, Philippe Menoud, vice-président de l'administration (équivalent d'un conseil d'administration) de MNF, a tenté d'empêcher ces évacuations. Pour MNF et la FCM, ces actions sont "la preuve que le groupement soi-disant spontané de soutien envers Damien Piller est en fait une action directement menée par l'administration MNF". Migros va mettre en oeuvre des mesures juridiques, jugeant ces agissements "inacceptables". 

Risque d'invalidation du vote 

Lundi encore, la radio neuchâteloise RTN a indiqué que le scrutin devant s'achever le 16 novembre, concernant la révocation de l'administration de MNF, pourrait être invalidé. En cause: les 124'000 coopérateurs neuchâtelois et fribourgeois doivent renvoyer leur carte de vote sans enveloppe-réponse ni carte de légitimation. "On ne peut pas exclure une invalidation", a indiqué Fritz Stahl, notaire neuchâtelois et président du bureau électoral de la votation.

Selon les résultats, l'une ou l'autre partie pourrait invoquer le matériel de vote pour faire invalider le scrutin. Contacté, PricewaterhouseCoopers (PwC), l'organe de révision statutaire de MNF et organisateur du vote, n'a pas fait de commentaire à ce sujet.(awp)






 
 

AGEFI




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