Chercher à tirer profit du potentiel des petites capitalisations

vendredi, 01.11.2019

Sélection de quatre typologies de sociétés dont le modèle économique permet généralement de créer un surcroît de valeur.

Isabelle De Gavoty*

Isabelle De Gavoty

Les entreprises de petite taille, plus communément appelées «petites capitalisations», surperforment les grandes capitalisations à long terme. Du fait de leur taille et de leurs circuits de décision courts, elles peuvent réagir et s’adapter plus rapidement aux changements. Elles sont sources d’innovations souvent liées à de nouvelles tendances; par exemple les acteurs à l’origine de nouvelles technologies sont souvent des start-up ou des petites capitalisations. Elles sont aussi régulièrement sujettes aux acquisitions, près de 90 % des opérations de fusions-acquisitions entre 2010 et 2019 ont concerné des valeurs de petite et moyenne taille, un facteur de soutien de la performance. 

Très récemment, les petites capitalisations ont été à la traîne par rapport aux grandes capitalisations, ce qui est généralement un signe de tensions sur les marchés, d’une prudence ou d’une aversion au risque accrues de la part des investisseurs. Leur retard est rattrapable et leur performance à long terme reste ininterrompue. En raison de leur diversité, les petites capitalisations ont une corrélation plus faible entre elles que les grandes capitalisations, ce qui signifie que les portefeuilles diversifiés avec des actions de petites sociétés sont généralement moins volatils que les portefeuilles uniquement composés de grandes capitalisations. Les petites capitalisations sont également généralement moins affectées par les mouvements techniques, tels que les flux d’entrées ou sorties importantes résultant de l’achat et de la vente de fonds indiciels cotés (ETF).

Exploiter les niches et gagner des parts de marché

Les investisseurs doivent prendre un certain nombre de décisions importantes afin d’établir leur stratégie de placement: le choix de l’horizon d’investissement, leur appétit pour le risque, l’exposition géographique, le choix des classes d’actifs ou des thématiques de placement et le type d’exposition active ou passive. 

Sur des marchés efficients tels que les «blue chip» américaines, une exposition indicielle peut être envisagée. 

En revanche, pour des marchés ou segments de marché inefficients, avec un nombre et une diversité importante de sociétés et une couverture de la recherche moins importantes telles que les petites et moyennes capitalisations mondiales, une approche d’investissement active est plus appropriée. C’est pourquoi notre approche au fil des ans, repose sur l’identification d’entreprises avec un fort potentiel de croissance et d’investir dans ces entreprises avant que le marché ne reconnaisse pleinement ce potentiel.

Malgré un contexte incertain, la majorité des petites entreprises sur lesquelles nous nous focalisons ont été capables de faire croître leur chiffre d’affaires et leurs bénéfices année après année depuis la dernière crise financière. Souvent en avance sur les grands changements de tendance, les petites capitalisations gagnent des parts de marché par rapport aux acteurs traditionnels et sont parfois leaders dans leur domaine ou certains marchés de niches. 

Choisir des leaders de la croissance structurelle

Dans un environnement de croissance économique faible, les investisseurs devraient être les premiers à identifier les moteurs de croissance de long terme dans les domaines de la technologie, des changements démographiques ou des habitudes de consommation. Il s’agit de tendances intersectorielles qui vont au-delà des cloisonnements traditionnels des entreprises et bien au-delà des cycles économiques et de marché. 

Afin d’en bénéficier, il faut rechercher des entreprises dont les modèles économiques seront en mesure de bénéficier de ces moteurs, afin de générer ou maintenir des taux de croissance supérieurs à ceux de leurs concurrents. 

Nous avons identifié quatre typologies de sociétés dont le modèle économique permet généralement de créer ce surcroît de valeur:

- Leaders et consolidateurs: ces sociétés sont leaders sur un marché fragmenté mais avec des barrières à l’entrée élevées. Elles disposent d’un avantage compétitif évident sur leurs compétiteurs. Elles se développent de façon organique ou par acquisitions afin de consolider leur développement et améliorer leur marge opérationnelle.

- Modèle économique de rupture: ces sociétés offrent des produits, des technologies et des services novateurs. Leur capacité d’innovation leur permet de s’ouvrir et créer de nouveaux marchés et segments.

- «Winner takes all»: ces sociétés tirent parti des nouvelles technologies ou des changements la réglementaires afin de bousculer leur marché, parfois mature, avec des modèles économiques très différenciés.

- Croissance résurgente: ces sociétés en phase de retournement à la suite d’un changement de direction ou de stratégie. Elles améliorent leur rentabilité en optimisant leur portefeuille d’activités.

Si les grandes capitalisations font partie de chaque portefeuille, notamment pour des raisons de gestion des risques, les petites capitalisations, souvent sous-représentées dans les allocations, devraient s’inscrire davantage dans les stratégies de placement d’investisseurs recherchant la croissance et un rendement à long terme.

* Head of Framlington Equities Small Cap Team, Axa Investment Managers






 
 

AGEFI




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