Genilem: «Save a Life», une app pour réagir aux arrêts cardiaques

lundi, 27.05.2019

Sébastien Martin-Achard a cofondé Swiss Emergency Responders. Son app «Save a Life» doit permettre de diminuer le nombre de victimes d’arrêts cardiaques.

Camille Andres

Chaque année, le canton de Genève compte 400 interventions sanitaires pour des arrêts cardio-respiratoires (ACR). Comment prévenir ce risque? «On le sait, en cas d’ACR, ce sont les premiers témoins qui font vraiment la différence. La solution est de créer un réseau de personnes formées, qui puissent agir avant l’arrivée des professionnels», explique Sébastien Martin-Achard, ancien ambulancier. Lors d’une formation en management, en 2015, il développe ce projet et crée l’association Swiss Emergency Responders (Sera) pour le porter. C’est au Tessin qu’il trouve une solution technique: le canton y a développé une application qui rassemble environ 4000 premiers répondants, sollicités par les secours en cas d’accident. La force d’un tel outil? «Etre relié techniquement au logiciel de la centrale d’appels sanitaires urgents, le 144», assure Sébastien Martin-Achard, qui se lance dans le projet d’une version genevoise: «Save a Life». Son fonctionnement est simple: lorsqu’un témoin appelle le 144, l’opérateur contacté peut d’un seul clic envoyer une alerte push à toutes les personnes inscrites sur l’app. Les plus proches de la zone où se déroule l’ACR, pourront intervenir. Un débriefing est aussi prévu après l’intervention.

En 2016, SERA parvient à lever les fonds pour lancer le projet, d’autres financements privés suivent en 2017. En 2018, quelques entreprises et donateurs privés rejoignent le projet. En 2019, l’Etat de Genève rejoint officiellement le projet ainsi que des fondations privées. L’objectif de l’association? Constituer un réseau local de 5000 premiers répondants au minimum. L’essentiel de son activité consiste donc à informer et impliquer toute une série d’acteurs potentiels: communes, forces de polices, professionnels de santé... Aujourd’hui, SERA emploie quatre personnes. Association non lucrative reconnue d’utilité publique, la jeune structure a lancé ses propres prestations pour cofinancer son projet et ne pas dépendre uniquement de subventions. L’application «Save a Life» est en test et devrait être déployée en juin 2019. 

Votre application ne propose pas la géolocalisation d’office, pourquoi?

Sébastien Martin-Achard: Si nous géolocalisons systématiquement tous les sauveteurs à proximité d’un ACR mais qu’ils n’interviennent pas, cela peut devenir problématique. Pouvoir se déclarer disponible, comme le propose notre app, est essentiel. En particulier pour intégrer des corps entiers comme les policiers dans notre système: ils doivent pouvoir refuser s’ils sont en intervention ailleurs. Enfin, si une personne est dans un moment où elle se sent surchargée, il faut qu’elle puisse dire non. Etre conscient de son état psychologique est important pour intervenir.

Quelle a été votre plus grande difficulté en tant que start-up?

Recruter! Le démarrage d’une structure est complexe, et nous avons eu des difficultés, initialement, à définir nos besoins. Nous cherchons évidemment des personnes compétentes mais ne pouvons pas proposer des salaires conséquents étant donné notre taille. Ces difficultés de ressources ont pesé durant un temps: je me suis retrouvé impliqué dans beaucoup de tâches. Aujourd’hui, tout cela est clarifié.

Où en êtes-vous des prestations propres que vous souhaitez proposer?

Nous proposons des formations aux gestes de premiers secours, la mise à disposition de défibrillateurs et des conseils et prestations pour les installer. Nous avons commencé cette prestation l’année passée, et donné 180 heures de formation. Nous espérions réaliser 25% de notre chiffre d’affaires par les ventes, 75% par les dons. Or nous sommes déjà à 40% pour les ventes, et en 2019 nous espérons arriver à un équilibre. Nous avons appris à devenir agile et à fonctionner avec moins de moyens que prévus. Ce volet dédié aux prestations sera développé davantage en 2020.

Que vous a apporté Genilem?

Notre comité est composé de personnes expertes dans les questions légales ou sociales. Genilem apporte les compétences nécessaires dans l’entrepreneuriat, pour développer nos prestations. Les coaches nous permettent de trouver les bons outils pour réaliser des ventes par exemple. Leur période d’accompagnement de trois ans est judicieuse.

Infos: www.save-a-life.ch






 
 

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