Schmolz+Bickenbach obtient gain de cause auprès de la Finma

lundi, 09.12.2019

La Finma a donné gain de cause au groupe lucernois Schmolz+Bickenbach dans son recours contre le rejet par la Commission des OPA concernant l'octroi d'une dérogation à l'obligation de présenter une offre dans le cadre d'une augmentation de capital.

La hausse de capital du groupe lucernois décidée par les actionnaires le 2 décembre pourra ainsi être menée comme prévu. (Keystone)

Le groupe Schmolz+Bickenbach (S+B) a obtenu gain de cause auprès de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) dans son recours contre le rejet par la Commission des OPA (Copa) à deux de ses actionnaires de l'exemption de l'obligation de soumettre une offre.

"La hausse de capital décidée par les actionnaires le 2 décembre dans le cadre de l'assemblée générale extraordinaire pourra ainsi être menée comme prévu", s'est félicité l'aciériste lucernois lundi dans un communiqué.

L'exception est toutefois assortie de la condition expresse que l'actionnaire Bigpoint - véhicule d'investissement du milliardaire Martin Haefner - soumette une offre à l'ensemble des actionnaires si sa participation au 31 décembre 2024 dépasse encore le seuil du tiers des droits de vote.

"Cette disposition vise à garantir que les droits des actionnaires minoritaires protégés par l'obligation de présenter une offre soient suffisamment pris en compte une fois qu'il n'y aura plus de nécessité d'assainissement", fait valoir le gendarme des marchés dans les considérants de sa décision.

La Finma a reconnu qu'aucun élément n'indique qu'en plus des deux actionnaires principaux, un troisième prendrait part à la hausse de capital "de manière significative", d'autant plus que la crise que traverse actuellement le secteur sidérurgique limite le cercle des investisseurs potentiels aux actionnaires existants du groupe.

Il y a une semaine jour pour jour, les actionnaires de S+B, réunis en assemblée générale, avaient donné leur accord à une augmentation de capital de 325 millions de francs afin de renflouer les finances du groupe.

Accord salvateur

Les deux principaux actionnaires Bigpoint et Liwet - société d'investissement liée au magnat russe Viktor Vekselberg - étaient parvenus in extremis à un accord, aux termes duquel Martin Haefner prendrait le contrôle de S+B, tout en garantissant à Liwet une participation de 25% "pas plus, mais pas moins" dans le groupe germano-lucernois.

Suite à l'acceptation de l'accord par le conseil d'administration de S+B, l'augmentation de capital avait été validée par une majorité de 79,3% des voix représentées.

Le conseil d'administration doit encore se réunir ce lundi pour fixer les détails du calendrier de l'augmentation de capital prévue, qu'il s'engage à publier "promptement".

L'approbation partielle du recours de la part du gendarme des marchés a permis au titre - déjà galvanisé la semaine dernière par l'acceptation de la hausse de capital - de s'envoler une nouvelle fois.

A 11h17, la nominative Schmolz+Bickenbach bondissait de 10,5% à 0,2575 franc dans des volumes conséquents. Plus de 4,7 millions de titres avaient changé de main, ce qui correspond environ à la moyenne journalière. L'indice élargi SPI prenait tout juste 0,05%.

Dans une note, la Banque cantonale de Zurich (ZKB) juge la décision de la Finma "positive pour S+B", dans la mesure où les nouveaux capitaux dont le groupe avait urgemment besoin devraient lui permettre non seulement d'améliorer la structure de son bilan, mais aussi d'être nettement plus détendu en termes de liquidités.

L'établissement souligne cependant qu'au vu de la situation toujours critique des affaires de S+B, un engagement dans le titre reste réservé aux investisseurs ayant un appétit affiché pour le risque. (awp)






 
 

AGEFI




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