Le revival du grand rêve américain

mardi, 18.09.2018

Sauf énorme surprise, la Fed devrait annoncer une nouvelle hausse de 0,25% sur son taux directeur fixé.

Daniel Varela*

Les derniers chiffres publiés aux Etats-Unis laissent peu de doutes quant à l’issue de la réunion de la Réserve fédérale américaine les 25 et 26 septembre. Sauf énorme surprise, son président devrait y annoncer une nouvelle hausse de 0,25% sur son taux directeur fixé actuellement à 2%. Car l’économie américaine va bien, va même très bien eu égard à l’évolution réjouissante des indicateurs d’activité de l’institut ISM. Ceux-ci sont très suivis dans le monde, car ils prédisent de manière assez efficace l’évolution future de l’économie outre-Atlantique. 

Au mois d’août, ces statistiques étaient très fortes, tant dans le domaine des services que pour le secteur manufacturier. Pour l’industrie, cette jauge n’a pas été aussi élevée depuis l’année 2004. Récemment, elle est avant tout portée par sa composante mesurant les nouvelles commandes, ce qui laisse penser que l’activité manufacturière devrait rester très soutenue dans les prochains mois. Les créations d’emploi constituaient une autre statistique phare la semaine dernière. Mois après mois, l’économie américaine continue de créer des nouveaux postes de travail. Cela dure depuis plus de huit ans. En août, on dénombre 200.000 emplois supplémentaires et un taux de chômage (3,9%) qui se stabilise autour de ses points bas historiques.

De quoi se réjouir 

Dix ans après la crise des subprimes qui avait ébranlé la confiance des ménages, ces derniers ont donc de quoi se réjouir. Non seulement leur emploi semble garanti, mais de plus, leurs rémunérations commencent enfin à progresser après de longues années de stagnation. En août, les salaires horaires progressent ainsi de 2,9% sur un an. Dans un contexte proche du plein emploi, cette accélération a toutes les chances de se poursuivre si l’on en juge les cycles économiques précédents. Seul ombre au tableau, si les salaires progressent trop fortement, cela risque d’inquiéter la Fed qui guette un éventuel risque de surchauffe et de dérapage de l’inflation. Pour l’instant, l’inflation reste proche de son objectif de 2% et une normalisation graduelle de sa politique monétaire reste toujours judicieuse. Mais par le passé, des progressions salariales de l’ordre de 3,5% à 4% ont eu tendance à inquiéter la banque centrale et l’ont souvent amenée à durcir le ton et accélérer ses tours de vis monétaires.

*Chief Investment Officer, Banque Piguet Galland






 
 

AGEFI



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