La «swiss touch» qui plaît au monde entier

mercredi, 14.10.2020

EDITORIAL. Sans carcan de succès à absolument reproduire, la Suisse est un terrain de jeu sans norme au niveau de l'industrie du jeu vidéo d’où est née une fraîcheur visuelle unique.

Sophie Marenne

Plus que 27 jours avant la sortie de la Xbox Series X et 36 avant celle de la Playstation 5: des événements mastodontes de consoles emblématiques issues de deux des plus grandes nations du jeu vidéo. D’un côté les Etats-Unis et leurs 31,54 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2019, et de l’autre le Japon qui pesait pour 17,72 milliards  la même année. En comparaison, les 150 millions de francs du secteur en Suisse, en 2018, semblent dérisoires.  

Pourtant, les quelque 600 collaborateurs de l’industrie helvétique n’ont pas à rougir. La scène du «gaming» qui se déploie autour de Zurich et de l'Arc lémanique profite de talents bien formés, qui font de l’excellent travail. Ils bénéficient de nombreuses opportunités de partenariat avec des marques, des industriels, des musées ou des organisations. Autre point fort: l’aide du gouvernement à travers la fondation Pro Helvetia. Ce soutien est unanimement salué par les créateurs comme un extraordinaire tremplin pour atteindre les éditeurs à l’international. 

Mais c’est peut-être l’absence de géants qui représente le principal atout de l’industrie, laissant le champ libre à la créativité des développeurs du pays. Voilà comment la Suisse a pu devenir un terrain de jeu sans norme, et a su donner naissance à une «swiss touch». Cette fraîcheur visuelle, reconnue comme unique, détonne avec ce qui se fait habituellement. Elle plaît dans le monde entier et rend les jeux vidéo suisses compétitifs.   

En outre, la communauté vidéoludique du territoire a bâti un goût pour l’échange. Les développeurs n’ont eu de cesse de se structurer et de fonctionner de façon collective, dans une entraide dont est particulièrement fière une des personnes les plus en vue de cette industrie, la cofondatrice de la société Stray Fawn, Philomena Schwab. 

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AGEFI



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