High yield asiatique: un tableau prometteur

dimanche, 23.02.2020

Sa valeur de marché a été multipliée par cinq au cours des cinq dernières années et continue d’afficher une relative stabilité par rapport à d’autres régions de l’univers émergent.

Levi-Sergio Mutemba

Joep Huntjens

«La dette asiatique hors-Japon n’est plus un marché de niche», constate Joep Huntjens, Directeur de la Dette Asiatique chez NN Investment Partners (NN IP) à Singapour. L’Asie émergente représente aujourd’hui 35% du produit intérieur brut (PIB) mondial. Et la Chine est le contributeur le plus stable et le plus régulier à la croissance économique globale. À mesure que la dette émergente asiatique poursuit son évolution vers la maturité, elle offre une importante opportunité de rendements attrayants dans un contexte de taux bas. Mais aussi un formidable outil diversification au sein d’un portefeuille global.

Cela pourrait être encore plus vrai pour le segment du haut rendement. Une classe d’actifs dont la valeur de marché a été multipliée par plus de deux au cours des cinq dernières années pour atteindre plus de 180 milliards de dollars. La dette high yield asiatique ne s’élevait qu’à 20 milliards en 2009. «La dette asiatique dans son ensemble est l’un des marchés les plus stables par rapport à d’autres régions de l’univers des pays émergents, notamment en termes de risque politique», précise Joep Huntjens, de passage à Genève jeudi dernier, venu présenter ses vues sur les perspectives de cette classe d’actifs.

«Il s’agit d’une zone géographique dont le modèle macroéconomique ne repose pas sur les cycles des matières premières, contrairement à d’autres pays en développement riches en ressources naturelles.» L’expert attire également l’attention sur le fait que les investisseurs asiatiques sont eux-mêmes d’importants détenteurs locaux des actifs de la région. Ce qui contribue à stabiliser ce marché en y limitant l’ampleur de la volatilité.

«C’est notamment vrai par rapport à des zones géographiques telles que l’Amérique latine, fortement tributaire des flux de capitaux en provenance des investisseurs basés aux États-Unis et qui ont tendance à rapidement vendre leurs positions en période de recrudescence de la volatilité», souligne Joep Huntjens. Lead Portfolio Manager du fonds asiatique à haut rendement NN (L) Asian Debt High Yield, celui-ci reste en outre constructif dans le contexte actuel d’effervescence liée au coronavirus.

Pour ceux qui ont de l’appétit pour le risque

«Nous nous attendons à ce que les flux d’information autour du coronavirus se détériore dans un premier temps, avant que la situation ne revienne sous contrôle.» Selon lui, l’impact sur l’économie chinoise devrait être de courte durée, se concentrer autour du premier trimestre et toucher plus durement le secteur des services, qui contribue à hauteur de 53% au PIB chinois. Tels les transports, l’hôtellerie, la restauration, ou encore le casino et les jeux dans la région autonome de Macau.

Le fonds NN (L) Asian Debt High Yield, lancé en mai 2014, enregistre une performance annualisée de 7,59% sur cinq ans (à fin janvier 2020, sur une base brute). Sur l’année écoulée, celle-ci s’élève à 9,50% environ et à 6,7% depuis son lancement en mai 2014. En termes de valorisations, et malgré un rendement de plus de 13% pour le marché du haut rendement asiatique en 2019, les spreads du haut rendement asiatique y demeurent deux fois plus élevés que celui des obligations de notation similaire émises aux États-Unis.

«Notre analyse nous montre que les entreprises formant notre univers d’investissement ne sont pas matériellement affectées par les mesures contraignantes des autorités chinoises visant à interrompre la production dans plusieurs industries», assure Joep Huntjens. Qui ne s’attend pas à une correction sévère de la dette asiatique libellée en dollars suite à une quelconque panique sur les marchés financiers.

«Le fonds s’adresse aux investisseurs à la recherche de rendements relativement élevés, affichant un certain appétit pour le risque et qui, surtout, se sentent à l’aise avec la dette chinoise, la Chine représentant environ 55% de l’exposition géographique de notre portefeuille», explique le manager. Qui ajoute que la baisse des coûts de financement en 2019 a largement soutenu la demande d’investisseurs tels que les banques privées. «Le marché de la dette d’entreprise des pays émergents en général est beaucoup moins efficient que celui de la dette privée américaine. Il y a donc des opportunités à saisir pour la gestion active», conclut Joep Huntjens.






 
 

AGEFI



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