Le bénéfice net de Sunrise s'envole au 3e trimestre

mercredi, 13.11.2019

Le bénéfice net de Sunrise a augmenté de plus de moitié en l'espace d'un an à 48 millions de francs.

A fin septembre, Sunrise comptait 1,854 million d'abonnés à ses services de télécommunications mobiles, un effectif en hausse de 9,9%. (Keystone)

Sunrise a vécu un bel été. Etoffant ses revenus, le numéro deux helvétique des télécommunications a fortement accru sa rentabilité au 3e trimestre 2019, son bénéfice net s'envolant en l'espace d'un an de plus de moitié (+51,7%) à 48 millions de francs. Définitivement enterré, le projet de reprise d'UPC Suisse laissera au final une ardoise de 120 à 125 millions.

Le résultat d'exploitation (Ebitda) a pour sa part affiché une croissance nettement moins forte, progressant néanmoins de 13% à 175 millions de francs, écrit mercredi l'opérateur établi à Zurich. Sans tenir compte de l'adoption de la norme comptable IFRS 16, laquelle apporte quelques changements au niveau de la comptabilisation des leasings, la hausse s'est inscrite à 5,5%.

>> Lire aussi: Sunrise renonce au rachat d'UPC Suisse

L'Ebitda ajusté s'est lui hissé à 173 millions de francs, 9,4% de plus qu'un an auparavant. Hors IFRS 16, la performance opérationnelle corrigée des éléments considérés comme exceptionnels s'est améliorée de 2% à 161 millions. Quant au chiffre d'affaires, il a gagné 1% à 474 millions.

La performance s'est révélée supérieure aux attentes des analystes, pour le moins pour le bénéfice net et les revenus, l'Ebitda ajusté manquant toutefois de peu la cible. Sondés par l'agence AWP, les experts avaient anticipé en moyenne un chiffre d'affaires de 467 millions de francs, un Ebitda ajusté de 163 millions et un résultat net de 26 millions.

Plus d'abonnés

A fin septembre, Sunrise comptait 1,854 million d'abonnés à ses services de télécommunications mobiles, un effectif en hausse de 9,9%, soit 41'000 nouveaux clients. Leur nombre a cependant poursuivi son recul du côté des contrats à prépaiement, se contractant de 12,7% à 591'000.

L'effectif des abonnés a aussi crû dans les services d'accès à internet (+9,1% à 490'000) ainsi que dans ceux de télévision numérique (+14,4% à 269'000) et de téléphonie fixe (+8% à 497'000). Sunrise a souligné la bonne dynamique des affaires avec la clientèle commerciale.

Après neuf mois en 2019, Sunrise présente toutefois un chiffre d'affaires en repli de 1,1% à 1,37 milliard de francs. L'Ebitda ajusté (IFRS 16) a lui bondi de 10,9% à 496 millions (+11% à 463 millions hors IFRS 16), alors que le bénéfice net s'est envolé lui aussi de plus de moitié (+50,4%) à 109 millions.

Sunrise a par ailleurs annoncé avoir résilié mardi le contrat signé avec Liberty Global en vue de l'acquisition d'UPC Suisse pour quelque 6,3 milliards de francs. L'opération ayant avorté face à l'opposition des actionnaires à procéder à une augmentation de capital de 2,8 milliards, la résiliation entraîne le versement au géant américain d'une pénalité de 50 millions.

Spéculations

A ce montant s'ajoutent des charges supplémentaires de 70 et 75 millions de francs. Une somme de 27 millions a déjà été répercutée sur les états financiers des neuf premiers mois, a précisé Sunrise.

Liberty Global a déploré la résiliation du contrat. "Nous nous réjouissons de poursuivre les discussions avec le conseil d'administration de Sunrise ou son actionnaire principal Freenet sur une éventuelle nouvelle transaction, laquelle apporterait une valeur significative aux actionnaires de l'opérateur ainsi qu'aux consommateurs suisse", a cependant noté Mike Fries, le directeur général du géant d'outre-Atlantique, cité dans un communiqué.

Alors que certains analystes ont jugé possibles de nouvelles discussions avec Liberty Global, André Krause, le chef des finances de Sunrise, a estimé qu'il s'agit en l'état d'une hypothèse. Le directeur général, Olaf Swantee, a pour sa part rappelé que l'opérateur veut s'atteler à ses plans pour 2020, tout en procédant à certaines adaptations au vu d'une concurrence exacerbée.

Sunrise avait annulé le 22 octobre en dernière minute l'assemblée générale extraordinaire appelée à se prononcer sur le financement de l'acquisition d'UPC Suisse. Dépassant la moitié de l'actionnariat de l'opérateur, le camp des opposants à la plus grosse acquisition dans la branche jusqu'alors annoncée était devenu trop important. L'actionnaire de référence, l'allemand Freenet, qui détient 24,5% de Sunrise, avait mené la fronde, jugeant la reprise trop coûteuse.

Objectifs confirmés

Evoquant l'ensemble de l'exercice, Sunrise confirme ses objectifs en matière de chiffre d'affaires et d'Ebitda. La firme zurichoise table sur des revenus entre 1,86 et 1,90 milliard de francs et un Ebitda (hors IFRS 16) de 618 à 628 millions. Les investissements sont toujours attendus entre 420 et 460 millions.

Pour autant que les objectifs financiers soient atteints, Sunrise promet le versement d'un dividende de 4,35 à 4,45 francs par action au titre de l'exercice en cours. Pour l'année 2018, les actionnaires avaient perçu 4,20 francs par titre en leur possession.

A la Bourse suisse, le titre Sunrise fléchissait vers 10h15 de 0,76% à 77,85 francs, alors que l'indice SPI lâchait de son côté 0,57%. (awp)

Sunrise fait ses preuves toute seule

Quelle meilleure preuve de la force du numéro deux des télécommunications en Suisse que de réaliser des croissances solides du nombre d’abonnés dans tous les domaines? Car le marché suisse est au mieux saturé, voire en baisse.

Le troisième trimestre montre aussi que Sunrise n’a besoin ni de réseau câblé, ni d’une offre sportive plus attrayante pour convaincre ses clients. Sa stratégie 5G reste en revanche très intéressante. D’autant plus si le groupe est aussi indépendant des sanctions américaines contre son fournisseur d’antennes Huawei qu’il prétend être.

Dans le cadre du déploiement de cette nouvelle génération, Sunrise assume pleinement que dans certaines régions (périphériques), le réseau mobile peut offrir la meilleure qualité de connexion, même en étant à la maison. Cette focalisation sur le réseau mobile pourrait atteindre les villes plus vite que généralement assumé. Pour économiser des coûts, la 4P avec un abonnement pour chacun des services peut se transformer en 1P, basée sur le seul téléphone mobile. Tant que ce mode d’utilisation est toléré par les prestataires, cette connexion unique offre en revanche à peu près tous les services associés à la 4P, certes en faisant (beaucoup) de compromis en termes de qualité, à l’exception de la téléphonie fixe!

Mais cette dernière est aujourd’hui de toute façon le service le moins recherché. L’érosion continue du nombre d’abonnements à celle-ci en atteste. Un bon réseau câblé ne permet aucunement de répondre à cette menace-là, si ce n’est en tant qu’infrastructure servant de colonne vertébrale au réseau. (Christian Affolter)






 
 

AGEFI




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