Réussir ensemble contre la pandémie

jeudi, 12.11.2020

Olivier Sandoz *

Olivier Sandoz

C’est ce que l’on peut notamment retenir de la troisième expédition menée en 1914 par Sir Ernest Shackleton en Antarctique sur le navire «Endurance».

L’objectif était de traverser le Pôle Sud. Malheureusement, le navire a passé dix mois, coincé dans les glaces, avant d’être broyé et de couler. Ernest Shackleton a organisé le rapatriement de son équipe composée de vingt-huit hommes sur la banquise. Ils ont vécu plus d’un an sur des îlots de glace flottant au gré des vents et de la houle. Il a fini par ramener tout le monde sain et sauf sur la terre ferme.

Sir Shackleton a marqué l’histoire non pas par cette exploration manquée mais par la façon dont il a su rebondir et préserver ses hommes. Dans la préface du livre «L’Odyssée de l’Endurance», Paul-Emile Victor, explorateur polaire, scientifique, ethnologue et écrivain bien connu souligne qu’«aucun chef d’expédition à ma connaissance n’a fait à ce point l’unanimité parmi ses compagnons de route, qui tous parlent avec autant d’admiration que de nostalgie de leur boss, cet homme qui toujours refusa de s’avouer vaincu, même au fond de la pire adversité».

Raison pour laquelle Ernest Shackleton est très souvent cité durant des cours de leadership. Lors de cette expédition, il a notamment déclaré: «Alors que tout semblait au pire, la face des choses changea. Je me suis souvent émerveillé de la limite imperceptible qui sépare le succès de la faillite et du rebondissement soudain qui change un désastre apparemment certain en une réussite relative».

Puisse cette déclaration nous inspirer durant la période particulièrement difficile que nous vivons. Nous avons traversé tant bien que mal la première vague de la Covid-19.

Nous devons maintenant faire face à une deuxième vague qui a pris tout le monde par surprise, tant par son ampleur que par la rapidité de sa propagation. La situation sanitaire est plus que préoccupante. La situation économique aussi. Des solutions doivent être trouvées pour préserver tant la santé des citoyens que celles des entreprises. Ces dernières souffrent énormément. Il faut impérativement les aider en prenant des décisions pragmatiques et surtout coordonnées entre les cantons. Comment justifier qu’un coiffeur n’a pas le droit de pratiquer à Versoix, alors qu’il le peut quelques mètres plus loin dans le canton de Vaud? Le plus grand danger consiste à opposer santé et économie. Et c’est malheureusement trop souvent le cas.

Sans parler des adeptes de la théorie du complot qui dénoncent on ne sait pas vraiment quoi, en tous les cas sans aucune preuve, et qui surtout ne proposent aucune solution, et pour cause. Ils n’en ont pas.

L’heure est grave. Il est donc temps de s’inspirer de Sir Shackleton. Le désastre n’est de loin pas inéluctable. Le rebondissement est possible. Pour cela, nous devons tous ensemble tenter de trouver des solutions permettant de lutter contre la pandémie et de préserver les entreprises et les emplois.

* Directeur général adjoint, FER Genève






 
 

AGEFI



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