Reprise progressive et contrôlée des activités économiques, une nécessité

dimanche, 19.04.2020

Cristina Gaggini*

Cristina Gaggini

Nous attendions de pied ferme la décision du Conseil fédéral. Le choc économique et social provoqué par le Covid est comparable à la Grande Dépression. C’est dire l’importance de redémarrer les activités économiques. Après cinq semaines de mise à l’arrêt de pans entiers de l’économie, les conditions sanitaires sont réunies. Le pic de la pandémie est dépassé, nos hôpitaux ne sont pas surchargés, au contraire certains ont dû mettre une partie du personnel soignant au chômage partiel. La discipline dont ont fait preuve la population, les travailleurs et les employeurs restera pourtant de mise encore longtemps. Il s’agit d’éviter une recrudescence de la pandémie. C’est à cette seule condition que la reprise progressive des activités économiques pourra se faire.  

Le Conseil fédéral a opté, une fois de plus, pour une approche raisonnable et pragmatique, se fondant tant sur des considérations sanitaires que sur les impératifs économiques. La recommandation d’economiesuisse pour une sortie progressive par étapes et sous haute surveillance a été reprise. Nous avons recueilli et consolidé l’avis d’une douzaine associations sectorielles, représentant l’essentiel du tissu économique national. Elles nous ont transmis un plan des mesures concrètes pour assurer la protection des employés et des clients. Dans certains secteurs, le port de masques ou de gants s’impose, dans les salons de coiffure ou les services qui exige une grande proximité à la clientèle par exemple. Nous attendons donc des autorités que les stocks soient disponibles rapidement en quantité suffisante. Les banques et assurances s’engagent à maintenir le télétravail, limitant ainsi le nombre de personnes dans les transports et lieux publics. L’industrie a, quant à elle, déjà démontré sa capacité à fonctionner en respectant les consignes. Ces plans sectoriels sont sur la table de l’OFSP et du SECO pour approbation. Ensuite, les associations de branche les communiqueront à chaque entreprise. Les contrôles seront effectués par la SUVA et les inspecteurs cantonaux. Au besoin, des mesures correctrices devront immédiatement être prises. A défaut, les autorités cantonales pourront décréter la fermeture de l’entreprise. 

Le changement de paradigme a été approuvé: pas à pas, toutes les entreprises qui peuvent démontrer le strict respect des mesures sanitaires seront à nouveau autorisées. Nous regrettons cependant l’étalement du processus sur une longue période. Nous aurions vivement souhaité que les commerces non alimentaires puissent ouvrir plus rapidement (et non le 11 mai seulement) et que les restaurants aient des perspectives plus précises. 

Il est essentiel de reprendre le chemin pour un retour à la normalité. Il en va de la survie de dizaine de milliers d’entreprises, d’indépendants et des emplois. Les prochaines semaines et mois seront cruciaux. Rester solidaires, miser sur la responsabilité individuelle, éviter les guéguerres partisanes et la politique politicienne, voilà la voie à suivre à mon avis. A défaut de pouvoir relancer le commerce mondial, nous parviendrons à tout le moins à préserver autant que faire se peut nos entreprises et l’emploi. Et à conserver la cohésion sociale et nationale dont l’importance saute aux yeux en ces temps de crise.

* Directrice romande, economiesuisse






 
 

AGEFI



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