Rapport 2019 de l’OCDE : la Suisse plutôt un bon élève

dimanche, 17.11.2019

Basile Dacorogna *

Basile Dacorogna

Le dernier rapport sur la Suisse de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est plutôt bon pour notre pays, qui reçoit globalement de très bonnes notes. Ainsi, la Suisse, obtient d’excellents résultats en comparaison internationale pour de nombreux indicateurs économiques, mais aussi en matière de santé, de formation et de qualité de vie.

Les notes sont aussi bonnes dans le domaine de l’environnement : son intensité CO2 est une des plus basses de l’OCDE, l’industrie ayant déjà fortement réduit ses émissions.

Quelques domaines font toutefois exception, notamment l’impact environnemental occasionné par la mobilité, les obstacles à la transformation numérique de la Suisse, mais aussi, et cela ne surprendra personne, la réforme de la prévoyance vieillesse

Une activité économique propice à de très bons résultats en termes de prospérité

L’évaluation positive de l’OCDE ne doit rien au hasard : prospérité très élevée, chômage bas associé à un taux d’emploi solide, maîtrise des finances publiques et endettement plutôt faible. L’OCDE souligne en outre que les inégalités ne se sont pas renforcées ces dernières années en Suisse. Si les différences de revenus se creusent dans de nombreux États membres de l’OCDE, leur répartition est restée stable dans notre pays.

Malgré ces bons indicateurs macroéconomiques, l’OCDE estime que des mesures sont nécessaires. Une grande partie des recommandations concernent la prévoyance vieillesse.

Se préparer à l’accélération du vieillissement démographique

En se focalisant sur l’impact économique du vieillissement de la population, l’OCDE relève que le système de pensions suisse offre actuellement des revenus appropriés à la retraite. Cependant, en raison de l’allongement de l’espérance de vie, une réforme du système s’avère nécessaire. Une absence de réformes aurait des conséquences négatives sur la croissance économique et les finances publiques.

L’OCDE propose ainsi à la Suisse de porter progressivement l’âge de la retraite à 67 ans et de l’indexer ensuite à l’espérance de vie, d’assouplir le taux de conversion (2e pilier) et, en général, de créer des incitations afin que les individus travaillent plus longtemps. Le rapport propose à cet effet de baisser l’impôt sur le revenu et de relever la TVA, ce qui réduirait les effets dissuasifs de l’impôt sur le revenu quant à l’exercice d’une activité lucrative. Enfin, il recommande également diverses mesures visant à promouvoir l’activité jusqu’à l’âge de la retraite et au-delà.

Une réforme pour l’avenir

Bien entendu toutes les propositions de l’OCDE ne pourront pas forcément être réalisées. Ainsi, un éventuel passage de l’impôt sur le revenu vers la TVA échouerait probablement en raison du fédéralisme financier. Quant au relèvement de l’âge de la retraite à 67 ans, il n’est pas irréaliste, mais il aura de la peine à recueillir une majorité sur le plan politique. Toutefois, il ne fait aucun doute que la prévoyance vieillesse doit être réformée. Il reste à espérer que le nouveau Parlement aura le courage de ne pas reporter cette question importante.

* Collaborateur scientifique Economiesuisse






 
 

AGEFI




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