Que faire pendant la crise? Sauvegarder, imaginer et préparer

dimanche, 19.04.2020

Christophe Clavé*

Christophe Clavé

A chaque grande crise que traverse l’humanité, on peut lire que «rien ne sera plus jamais comme avant», que d’irréversibles transformations sont à l’œuvre. «Plus jamais ça» disait-on au lendemain de la  Première Guerre mondiale. Vous avez vu le résultat. Alors oui, c’est vrai, chaque grande crise apporte son lot de changements.

La plupart de ces changements ne sont pas ceux attendus. Car les habitudes, les infrastructures, les technologies façonnent nos comportements bien plus que tout le reste. Cela dit, la crise que nous traversons est unique en son genre par de nombreux aspects. L’une de ses dimensions réside dans le fait que nous, en fait la majorité d’entre nous, la regardons en spectateurs. Oh bien sûr je ne parle pas ici des médecins, du personnel médical, et de tous ceux qui font tourner notre monde, ni bien sûr des familles éprouvées par le virus, vers lesquels se tournent notre gratitude et notre affection. Les confinements, soft comme en Suisse ou durs comme en Italie ou en France ont pour effet de nous rendre spectateurs de la crise et de provoquer la lente extinction de l’activité économique. Alors que faire?

Il est possible d’agir avec en tête trois mots d’ordre: sauvegarder, imaginer, préparer. Sauvegarder: il s’agit de s’assurer grâce aux moyens de communications dont nous disposons que nos proches vont le mieux possible. Le même principe s’applique aux entreprises. Il est très important de conserver un lien vivant entre collègues, et avec ses équipes pour les managers. Pour se faire tout est bon. N’abusez pas des gadgets (digital café, apéritif virtuel…). Donnez du sens en confiant à chacun une tâche à accomplir, une mission, profitez de ce travail pour demeurer en contact, échanger, valoriser. Assurez-vous d’en communiquer le résultat.

Vous n’avez pas d’idée? Profitez de ce temps pour faire ce que vous n’avez jamais le temps de faire: un tour du monde de la concurrence, un recensement des produits et services similaires aux vôtres, une liste des entreprises avec lesquelles vous pourriez vous allier, voire que vous pourriez acquérir après la crise. Je ne parle pas ici de l’évidente nécessité de sauvegarder les moyens de financement de l’entreprise, et d’anticiper les besoins de financement de la reprise. Mais je dois évoquer les relations clients. 

Comment rester en contact avec nos clients, sans pour autant les fatiguer de messages vides de sens du genre «pendant la crise nous faisons tout notre possible pour rester à votre service tout en protégeant nos collaborateurs». Comment utiliser ce temps pour mieux comprendre nos clients, leurs problèmes, leurs besoins, et anticiper avec eux la sortie de crise? Il y aura une différence entre ceux qui ont maintenu un lien avec leurs clients et les autres. Faites appel à la créativité de vos équipes, poussez-les à imaginer de nouvelles façons d’entretenir et développer les relations avec vos clients. Car vos clients sont comme vous. Ils ont besoin de sauvegarder les liens qui unissent leurs collaborateurs, et ils ont eux aussi besoin de garder vivante la relation avec leurs propres clients.

Voilà au moins deux problèmes auxquels ils sont confrontés. C’est une ardente exigence si vous ne voulez pas manquer le train de la reprise. Enfin, préparez la reprise des affaires. Oui la crise cessera et les affaires reprendront. Toutes les entreprises ne seront pas à égalité. Je vous donne rendez-vous lundi prochain dans ces colonnes pour aborder la question épineuse de l’après-crise.

* Président, EGMA






 
 

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