Les stratégies global macro restent d’actualité

mercredi, 25.07.2018

Produits structurés. Les investisseurs délaissent les stratégies systématiques au profit des approches privilégiant un ajustement rapide des positions dans un marché sans tendance durable.

Levi-Sergio Mutemba

Cela fait quatre ans que les stratégies alternatives dites «global macro» n’ont pas généré de performances correspondant à leur potentiel. Les politiques monétaires ultra-accommodantes, pendant une durée prolongée, ont éliminé bon nombre d’opportunités pour une stratégie dont le profil de risque-rendement est pourtant l’un des plus élevés de l’univers des fonds spéculatifs.

Des stratégies très variées

Les stratégies global macro tentent d’anticiper les réactions de marché ou mouvements de prix, à travers toutes les classes d’actifs, que peuvent produire des événements macroéconomiques spécifiques. Les deux principales sous-stratégies global macro sont les approches discrétionnaire et systématique. La première se caractérise par des décisions d’investissement reposant sur des données macroéconomiques fondamentales, tandis que le style systématique consiste en algorithmes implémentant eux-mêmes les positions du fonds grâce à la technologie financière, au big data et à l’intelligence artificielle.

Les stratégies dites «CTA» sont parmi les plus emblématiques des styles systématiques, notamment à travers l’usage intensif des produits dérivés tels que les contrats à terme (futures) sur devises, taux, actions, obligations et matières premières. La montée en puissance des gérants CTA s’explique en grande partie par la multiplication d’opportunités d’investissement systématiques (les facteurs) par rapport aux événements ou risques macroéconomiques spécifiques.

En 2014, lorsque l’indice HFRI Fund Weighted Composite Index avait enregistré un rendement de moins de 3%, le sous-indice de rendement total HFRI Macro Index avait affiché une performance de plus de 5%. Depuis, les rendements des gérants global macro ont été en moyenne quatre fois moins élevés que l’indice général. Toutefois, dans le détail, le tableau est plus nuancé.

En effet, le sous-groupe de gérants CTA tire actuellement les stratégies global macro vers le bas, suite au revirement de prix du pétrole depuis fin juin, frustrant leurs positions longues. Le sous-groupe Multi-Stratégies, qui perd 0,96% au premier semestre, a de son côté subi des sorties de capitaux de 2,3 milliards de dollars (sur un total de 2,8 milliards pour l’ensemble des global macro) durant le second trimestre.

Le global multi-stratégie consiste en une combinaison de stratégies discrétionnaires et systématiques, pouvant même intégrer des approches extérieures propres, par exemple, à l’Equity Hedge ou au Long/Short Neutre, au sein d’un même portefeuille. Les décisions d’investissement repose sur l’observation de divergence de prix entre classes d’actifs, marchés et zones géographiques par rapport à leurs niveaux de corrélation historiques.

Le trading actif et discrétionnaire se distingue

Les durées de placement des styles multi-stratégie sont généralement plus longues que pour les stratégies systématiques, ce qui expliquent que les investisseurs s’en désistent au moment où la volatilité fait son retour et où les ajustements rapides aux nouvelles configurations de marché prennent de l’importance. De fait, l’indice HFR Systematic Diversified Index enregistre la plus forte baisse des stratégies global macro (-4,05%) au premier semestre, subissant le caractère éphémère des tendances de marché, lorsque celles-ci se forment, chaque chute étant succédée presque immédiatement par des rebonds.

Or cette nouvelle donne des marchés joue en faveur des stratégies global macro discrétionnaires, en hausse de 1% sur les six premiers mois de l’année et dont la volatilité et les positionnements à contre-courant sont souvent au cœur de leur style d’investissement. De même que le global macro de type «Active Trading» (+2,15%).

Les stratégies Active Trading correspondent en effet souvent aux stratégies de trading à haute fréquence affichant une importante rotation des portefeuilles, la durée de détention pouvant de quelques secondes à une semaine, ce qui les distingue clairement des stratégies systématiques. Seules 2017 et 2015 ont été négatives pour l’Active Trading, mais dans des proportions marginales (-56% et -0,97%, respectivement), alors que 2013, 2014 et 2016 se sont traduits par des rendements de 5,10%, 8,27% et 4,47%, respectivement.






 
 

AGEFI




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