Brexit: 5500 firmes basées aux Royaume-Uni utilisent le "passeport" européen

mercredi, 21.09.2016

Près de 5500 firmes financières basées au Royaume-Uni utilisent le "passeport" européen pour vendre leurs services à travers le continent après le Brexit.

Lorsque l'un d'entre eux dispose d'un "passeport" pour assurer un service financier dans l'un des 28 pays de l'union, ce droit lui est automatiquement accordé dans les autres.

Près de 5500 firmes financières basées au Royaume-Uni utilisent le "passeport" européen pour vendre leurs services à travers le continent, d'après des données officielles rendues publiques qui mettent en exergue cet enjeu crucial des négociations entourant le Brexit.

La Commission du Trésor de la Chambre des communes a publié mardi soir des chiffres communiqués par le régulateur financier du Royaume-Uni, la FCA, sur l'ampleur de l'utilisation de cette facilité donnée aux banques, assureurs et gestionnaires d'actifs de commercer à travers l'Union européenne (UE).

Lorsque l'un d'entre eux dispose d'un "passeport" pour assurer un service financier dans l'un des 28 pays de l'union, ce droit lui est automatiquement accordé dans les autres. Ce système s'applique aussi dans certains cas aux trois pays non-membres de l'UE ayant négocié une intégration au marché unique (Islande, Liechtenstein et Norvège) dans le cadre de l'Espace Économique Européen.

D'après ces données, 5476 entreprises financières basées au Royaume-Uni disposent d'un passeport remis par les autorités britanniques, et sont donc autorisées à fournir un service du même type dans les autres pays de l'union. Ces firmes peuvent être britanniques, mais aussi être des filiales d'entreprises étrangères, par exemple américaines, qui gagnent ainsi d'un seul coup un accès à l'ensemble du marché européen.

Dans le même temps, pas moins de 8008 entreprises financières basées dans d'autres pays européens ont un passeport du même type qui leur permet de délivrer un service au Royaume-Uni.

"Ces chiffres nous donnent une première idée des effets qu'entraînerait la perte de l'accès plein et entier au marché unique pour les services financiers", a souligné le président de la Commission du Trésor, Andrew Tyrie, dans un communiqué.

Le maintien de l'usage de ces passeports financiers constitue un des enjeux des négociations qui s'ouvriront entre Londres et Bruxelles, une fois que le gouvernement britannique aura formellement actionné l'article 50 du Traité européen de Lisbonne qui organise la sortie d'un pays membre.

Le ministre britannique des Affaires étrangères et partisan du Brexit, Boris Johnson, a assuré fin juillet que les entreprises basées au Royaume-Uni conserveraient l'accès à ce passeport européen, tout simplement parce qu'il serait trop dommageable pour toutes les parties de couper les liens financiers serrés existant entre la City de Londres et le reste de l'Europe.

Mais le président de la Banque centrale allemande, Jens Weidmann, a assuré lundi qu'il y avait un gros risque de voir ce droit supprimé. "Les droits au passeport sont liés au marché unique et cesseraient automatiquement de s'appliquer si le Royaume-Uni n'était plus membre de l'Espace Économique Européen", a-t-il averti dans une interview donnée à plusieurs journaux. - (awp)


 

 
 



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