Pourquoi sortir du mental?

dimanche, 26.04.2020

Eloïse Basille*

Eloïse Basille

Avec la pandémie en cours, il y a vraiment de quoi être inquiet pour nous, nos proches, notre pays, notre monde. Il est essentiel d’utiliser cette inquiétude pour mettre en place et suivre les mesures de prévention nécessaires. 

Au-delà de cela, je ne crois pas que cela nous fasse du bien de ressasser et de rester dans l’inquiétude.  Notre moral plonge, et notre créativité avec. Dans le cas d’une peur irrationnelle, une bonne manière de la faire baisser en intensité, voire de la faire disparaître, est de la confronter à la réalité. Alors comment sortir de cette inquiétude, puisqu’elle celle-ci est rationnelle?

La première étape serait sans doute d’accepter que notre stratégie habituelle, la sollicitation de notre mental, ne fonctionne pas. Et d’accepter de lâcher le mental, pour trouver de nouvelles solutions.

C’est vraiment difficile, car nos capacités de raisonnement, d’observation, de créativité intellectuelle nous rassurent. Elles nous apaisent par leur familiarité, par la maîtrise qu’elles nous apportent, par le fait que notre monde les valorise.

Le mental nous est vraiment utile, cela dit, il peut aussi nous tromper. Notre cerveau ayant en partie pour but de simplifier le flot d’informations que nous recevons constamment, nous avons en nous des filtres de tri très efficaces, parfois trop. Car ils créent des biais cognitifs importants. Par exemple,  l’effet d’ambiguïté - la tendance à éviter les options pour lesquelles on manque d’information.

Et comment sortir du mental? J’utilise personnellement et avec mes clients plusieurs méthodes pour nous connecter à notre monde intérieur:

- Nommer l’émotion  

- La respirations au carré

- Se concentrer sur le lieu de notre cœur physique 

- Regarder le sol /le plafond / les murs en même temps (dézoomer notre vision)

- La cohérence cardiaque

- La méditation

- Le scan corporel

Si nous n’avons plus accès au mental, que nous reste-t- il? Nos perceptions physiques, nos émotions, notre intuition. Et ce n’est pas peu dire.

Jill Taylor, neuro anatomiste, raconte dans son livre «Voyage au-delà de mon cerveau», ce qu’elle a vécu lors de son accident cardio-cérébral et par la suite. Elle y décrit un monde incroyable, qu’elle appelle Lalaland, lorsqu’elle a été privée de l’accès à son cerveau gauche, siège de notre raisonnement. Dans Lalaland, elle est totalement dans le présent, en lien avec l’univers, en paix.

Et nous pouvons créer Lalaland en nous, pour accéder à nos perceptions physiques, nos émotions, notre intuition, nous pouvons créer un espace en nous qui les accueille, et qui nous permet de nous familiariser avec elles.

Notre imagination prend sa source hors du mental, et nous aide à construire, entrevoir, pressentir un monde plus grand que notre réalité, différent, sans limite.

Sortir du mental permet aussi de faire confiance à l’autre, à la vie: je décide d’être optimiste et de faire confiance à la vie et à moi-même pour mon sort à venir, même s’il n’y a pas de preuve en ce sens. Je décide d’y croire, non parce que cela semble logique, mais parce que je choisis de le faire.

Après avoir fait un voyage dans notre monde intérieur, nous pouvons revenir à notre quotidien, notre mental, avec un regard neuf. Et nous verrons, peut-être, une solution nouvelle, incongrue, surprenante, et innovante. 

Et vous, comment accédez-vous à votre Lalaland?

* Formatrice en entreprise, consultante et coach professionnelle






 
 

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