Pour une imposition équilibrée des personnes physiques

jeudi, 20.02.2020

Claudine Amstein*

Claudine Amstein

Le canton de Vaud a augmenté ses impôts il y a vingt ans, à une époque où il se débattait dans une grave crise financière. Il est depuis lors revenu à bien meilleure fortune. Il est donc temps que les contribuables bénéficient d’un juste retour de leurs efforts.

Le canton de Vaud brille dans bien des domaines, comme l’innovation, la formation académique ou encore le financement des start-up. Il en est cependant un où il fait figure de cancre: l’imposition des personnes physiques. Bien qu’il se prévale d’une santé financière étincelante depuis plusieurs années, il n’en continue pas moins de faire peser une pression fiscale particulièrement lourde sur les contribuables. En comparaison intercantonale, les Vaudois sont assurément les vaches à lait du système. Déjà avec une rémunération brute de 80.000 fr., un couple vaudois paiera 70% de plus d’impôt qu’à Zurich! La situation empire lorsque le revenu s’accroît, et la main du fisc est particulièrement lourde pour les célibataires.

La 5e édition de la brochure «Pour une fiscalité vaudoise compétitive - Etude comparative et priorités 2019», publiée à la fin de l’an dernier par la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI), a mis le doigt sur cette douloureuse problématique. L’Administration fédérale des contributions, dans sa publication «Charge fiscale en Suisse», constate elle aussi que la classe moyenne vaudoise est lourdement frappée par l’impôt sur le revenu comparativement aux autres cantons. 

Cette situation choquante a poussé les associations économiques vaudoises, dont la CVCI, à lancer le mois dernier une campagne d’annonces dans plusieurs médias pour sensibiliser la population, dont l’exaspération est perceptible. Notre organisation s’est investie ces dernières années pour la réforme de la fiscalité des entreprises afin de maintenir les emplois dans notre canton et de favoriser sa prospérité, qui passe aussi par une imposition équilibrée des personnes physiques. 

Cela fait vingt ans que le canton de Vaud n’a pas réformé la fiscalité des particuliers. Il avait augmenté les taux d’imposition à une époque où il se débattait dans une grave crise financière. Depuis, les efforts des contribuables et des communes lui ont permis de sortir de l’ornière. Ces quinze dernières années, les recettes de l’État ont doublé. Il est grand temps que les citoyens bénéficient d’un juste retour de leurs efforts. Cette fiscalité pesante n’a plus de raison d’être aujourd’hui. L’exécutif cantonal doit renoncer à des «mesurettes» comme l’octroi de déductions à telle ou telle classe de contribuables. Pour répondre aux nombreux défis qui se profilent, la mise en place d’une imposition plus modérée des individus est indispensable.

Le Conseil d’Etat vaudois, qui présentait vendredi dernier son bilan de mi-législature, a laissé entendre qu’il allait procéder à l’«examen de la marge de manœuvre du canton pour alléger la fiscalité des entrepreneurs (outil de travail), l’imposition sur la fortune, les prestations en capital de la prévoyance professionnelle, en préservant la dynamique des recettes fiscales». Ce discours qui n’engage à rien ne saurait nous satisfaire. En 2017 déjà, nous demandions - avec les autres organisations économiques faîtières vaudoises - des mesures fortes pour faire baisser la fiscalité cantonale, ce à travers le programme «Impulsions 2022 - Pour une économie vaudoise forte». Le temps de l’examen est largement passé, il faut désormais des actes. S’attaquer à ce dossier exige plus que jamais de la détermination. C’est ce que les particuliers sont en droit d’attendre de leur gouvernement.

* Directrice, Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie 






 
 

AGEFI



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