Smart City Day ou quand les villes font leur révolution numérique

mercredi, 12.09.2018

Pour sonder la numérisation dans l’espace urbain, la manifestation qui se tient ce jeudi à Forum Fribourg propose une invitation au voyage entre la Grèce et Israël.

Maude Bonvin

Le Smart City Day compte sur 500 participants environ, contre un peu plus de 400 lors de sa dernière édition.

Prises d’assaut, les villes sont victimes de leur succès. D’ici 2050, les espaces urbains accueilleront les deux tiers de la population mondiale, contre 54% aujourd’hui. Pour faire face aux défis que pose cette arrivée massive, les cités se transforment en petits bijoux technologiques. Mais jusqu’à quel point? C’est précisément à cette question que tente de répondre le Smart City Day 2018.

Organisée par le bureau de conseil en innovation Innobridge Services Sàrl, la manifestation se tient ce jeudi au sein du Forum Fribourg à Granges-Paccot. Au programme: conférences et tables rondes le matin, workshops et pitchs d’innovations l’après-midi. Plusieurs thématiques allant de la géolocalisation à la gestion du big data par les collectivités publiques seront abordées.

Groupe E et l’Université de Fribourg participeront aux discussions. Le directeur de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), Benoît Revaz, prendra également le micro. «La journée se terminera par un apéritif de réseautage  car il est important de prendre le temps d’échanger», explique Didier Faure, organisateur de l’événement. Une vingtaine d’entreprises seront présentes dans le village des exposants. Et neuf start-up présenteront leurs activités, soit via une exposition au Pôle Innovation, soit via des pitchs l’après-midi.

Après Lausanne, Neuchâtel et Genève, le Smart City Day vit sa cinquième édition en terres fribourgeoises. «Nous souhaitons mener un travail de sensibilisation et d’information au service de la Suisse occidentale, sur le thème des villes astucieuses d’aujourd’hui et de demain, d’où l’idée de changer chaque année de cité», précise le responsable de l’organisation.

Destination Trikala en compagnie de la Solar Impulse Foundation

Le public cible de la manifestation? «Les responsables communaux, cantonaux et des services industriels ainsi que des scientifiques et des représentants des milieux économiques. Cette année, nous tablons sur 500 participants, contre un peu plus de 400 lors de l’édition précédente. Pour ce faire, nous avons notamment étendu notre pôle dédié à l’innovation grâce au stand du Swiss Energy Tour, avec un espace lounge et un écran géant. Cet endroit accueille les neuf jeunes entreprises». Ces dernières sont issues de différents horizons, des sols connectés en passant par la collecte des déchets. Quatre proviennent de Genève, Fribourg et Vaud. Deux sont israéliennes, Israël étant l’hôte d’honneur de l’événement, au côté des trois projets lauréats du prix Smart City Hack.

La cité grecque de Trikala fera également part de son expérience au regard de sa numérisation. Quant à l’invité surprise qui clôturera la manifestation, Didier Faure a décidé de lever le secret. Il s’agit de la Solar Impulse Foundation. L’organisation évoquera sa recherche de 1000 solutions qui protègent l’environnement de manière rentable.

Niveau rentabilité, le Smart City Day se finance via les frais d’inscriptions (200 francs par participant) et le sponsoring. Si le budget reste confidentiel, l’argent ainsi récolté permet de couvrir les dépenses.

En quête d’investisseurs, Technis présente son sol connecté

Pour dénombrer précisément le nombre de participants, le Smart City Day peut compter sur la start-up Technis. La spin-off de l’EPFL met à disposition des organisateurs de l’événement son tapis de comptage qui enregistre chaque entrée à la manifestation. A l’issue de la journée dédiée à la numérisation des villes, le nombre de visiteurs sera communiqué en live.

«Il s’agit de notre première participation à cette rencontre, en tant qu’exposant. Cet événement nous permet de faire connaître davantage notre technologie que nous destinons essentiellement au marché de la santé. Nous sommes d’ailleurs à la recherche d’investisseurs, à hauteur de deux millions de francs», précise Wiktor Bourée, directeur de la jeune pousse qui emploie quatorze collaborateurs.

A l’heure où les villes font face au vieillissement démographique, l’outil développé par Technis représente une piste de solution. «Notre technologie unique en Suisse permet d’analyser chaque mouvement, y compris les chutes. Or ces dernières coûtent des milliards de francs en frais médicaux, à l’échelle mondiale. En EMS, notre dispositif informe dans la seconde le personnel soignant d’une chute d’un résident. Or nous savons que plus une personne reste longtemps à terre, plus elle risque des complications au niveau physique». L’outil a aussi le mérite d’alléger le travail des soignants, en diminuant les rondes nocturnes par exemple.

Il permet aussi de compter le nombre de pas effectués dans la journée, ce qui donne une image de la santé d’une personne âgée et peut aider dans la prise de décision d’un placement en EMS. Si l’on s’aperçoit, par exemple, qu’un senior n’a pas quitté son lit alors qu’il est en bonne santé, cet instrument peut aussi s’avérer utile pour mesurer son degré de solitude. Le sol connecté est muni de capteurs. Il ne nécessite pas de porter une montre ou un bracelet, ce qui le rend moins intrusif au regard de la vie privée, selon Wiktor Bourée.

Sur le plan de la protection des données, Technis ne recueille aucune information personnelle via le cloud ou ses propres serveurs. Il a toutefois été essentiel de respecter la législation européenne au niveau des comptes utilisateurs. Le dispositif entrera prochainement en phase-test dans plusieurs homes. Il sera commercialisé ces prochains mois en Suisse et en Europe.






 
 

AGEFI



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